La flambée des prix des carburants inquiète.
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Les prix à la pompe n'arrêtent pas de grimper. 1.55, 1.57, 1.60 euro en plein Paris... Ségolène Royal a été la première à dire "stop" haut et fort. Puis François Hollande a embrayé sur le même tempo. La droite reste pour le moment très discrète sur le sujet. Pendant ce temps, les Français s'impatientent et l'inquiétude monte dans les foyers. Jusqu'où peuvent aller les prix ? Rien ne semble pouvoir enrayer la hausse.
"Je suis pour un blocage du prix de l'essence." Sur RTL, Ségolène Royal n'a pas fait dans la demi-mesure. Il faut dire que le sujet est dans toutes les conversations le matin à la machine à café. Et comme si cela ne suffisait pas, la candidate transmet "la patate chaude" à Nicolas Sarkozy. "Il faut que le gouvernement contrôle les entreprises pétrolières pour savoir si elles n'ont pas trop répercuté la hausse du prix du brut sur les prix." Le débat est lancé. François Hollande ne peut du coup pas rester sans réaction. Le candidat socialiste annonce vouloir revenir à une taxe "flottante" sur le carburant supprimée en 2002.
Sa proposition n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Elle a été mollement rejetée par le gouvernement et l'industrie du pétrole et accueillie avec circonspection par les associations de consommateurs. Pour Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat au Commerce et à la Consommation, la TIPP flottante est une "solution du passé qui a échoué. Cette mesure a été abandonnée car elle est coûteuse pour les finances publiques et inefficaces pour les consommateurs". Pour Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières, un blocage du prix de l'essence est "impossible car le marché du pétrole brut est un marché mondial".
Alain Bazot, président de "Que Choisir", souligne qu'un blocage des prix serait "un cautère sur une jambe de bois". Côté consommateurs, les associations expliquent que "l'essence est une dépense contrainte, on ne peut donc pas la laisser filer. Or les deux-tiers du prix sont conditionnés par des décisions de l'Etat français." L'UFC-Que Choisir appelle à un "plan Marshall du pétrole, pour impulser la transition énergétique".
Mais les usagers sont obligés de faire avec. "Certaines personnes remplissent leur réservoir pour 3 euros, explique la caissière d'une station de l'agglomération caennaise. Le comportement des clients vis-à-vis du personnel des stations a aussi varié. "Dans certains cas, le pré-paiement avant de se servir en essence est obligatoire, explique la caissière. Mais des individus nous agressent verbalement ! D'autres sont même partis sans régler".
Michel Barisano (DioraNews)