François Baroin a confirmé vendredi soir la dégradation de la note française
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Cela faisait des mois qu'on la craignait, cette fois, la dégradation de la note de la France est officielle. Standard and Poor's a décidé de baisser la note financière du pays de AAA à AA+. L'Autriche est également concernée. Ces deux pays européens rejoignent ainsi les Etats-Unis, notamment, dont la note avait été dégradée l'an passé. L'Allemagne, en revanche, est épargnée. Et Moody's et Fitch, les deux autres agences, n'ont pas encore pris de sanctions de ce type à l'encontre de la France.
"Ce n'est pas une bonne nouvelle" mais ce n'est "naturellement pas une catastrophe", a tenté de modérer François Baroin. Après avoir érigé le triple A en symbole de la solidité de la France, le gouvernement avait en effet depuis quelque mois préparé le terrain à cette dégradation."Ce ne sont pas les agences de notation qui font la politique de la France" a donc expliqué vendredi soir le ministre de l'Économie pour qui la France conserve une "excellente notation".
Les marchés ont d'ailleurs plutôt bien réagi à cette annonce. Le CAC 40 n'a perdu que 0,11% dans la journée de vendredi, malgré des rumeurs persistantes, et l'euro a lui aussi résisté.
La nouvelle n'est néanmoins pas bonne pour Nicolas Sarkozy à 100 jours du 1er tour de la présidentielle comme n'ont pas manqué de le souligner tous ses adversaires, d'Eva Joly à Marine Le Pen en passant par François Bayrou.
Du côté des Français, quelles conséquences craindre de cette dégradation? La première concerne le montant des emprunts. La note décernée par les agences permet en effet aux prêteurs de décider des taux d'intérêt à imposer à l'emprunteur. Les banques françaises, dégradées, devraient répercuter sur leurs clients la hausse des coûts de leurs propres emprunts.Si cette dégradation, annoncée depuis début décembre, a déjà été en partie anticipée, les conditions d'accès au crédit pour les entreprises et les particuliers pourraient néanmoins se durcir. Les organismes bancaires, mais également publics, comme l'Unedic ou La Poste, pourraient également rogner sur les salaires pour amortir leurs coûts, ce qui aurait des répercussions sur la consommation.
Enfin, les impôts pourraient augmenter, afin de permettre à la France de tenir ses engagements de réduction du déficit face à une croissance plus faible que prévu. Françaois Baroin l'a cependant promis: il n'y aura "pas de nouveau plan de rigueur".