Nicolas Sarkozy lors de ses voeux à la Nation retransmis le 31 décembre 2011
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La TVA sociale revient en force dans la campagne présidentielle. Nicolas Sarkozy a replacé la fiscalité "anti-délocalisation" au coeur de sa stratégie pour relancer l'économie française, samedi soir lors de la présentation de ses voeux à la Nation. Sans même la nommer, le chef de l'Etat a relancé la polémique sur la fameuse "TVA sociale", s'attirant les foudres de la gauche.
Le principe de cette mesure est simple : restaurer la compétitivité-prix des produits français en diminuant les charges sociales pesant sur les salaires. Une "TVA sociale" chère au Medef. Mi-novembre, l'organisation patronale préconisait d'aller encore plus loin en combinant au transfert de cotisations patronales vers la TVA, un transfert des charges salariales vers la CSG. Nicolas Sarkozy a été explicite: "Le financement de notre protection sociale ne peut plus reposer principalement sur le travail si facilement délocalisable. Il faut alléger la pression sur le travail et faire contribuer financièrement les importations qui font concurrence à nos produits avec de la main d'oeuvre à bon marché". Le président a assuré que l'emploi sera la priorité de sa fin de quinquennat.
Car neuf Français sur dix placent le chômage en tête de leurs préoccupations, selon un sondage Harris Interactive pour RTL publié lundi. Et 77% estiment que ce dossier doit être prioritaire en 2012. Une revendication légitime vu le contexte : le chômage a atteint en novembre son plus haut niveau depuis douze ans avec 2,8 millions de personnes en quête d'un emploi. Il devrait même passer la barre symbolique des 10% au printemps. Un chiffre qui plomberait les chances de Nicolas Sarkozy d'être réélu. Une hausse d'un point du taux de chômage se paierait pour le sortant d'une élection par une baisse de l'ordre de 2% des suffrages au deuxième tour, selon le modèle de simulation électorale développé par des chercheurs à Paris 2.
Nicolas Sarkozy a convoqué un sommet social le 18 janvier à l'Elysée. "Avant la fin du mois de janvier, nous prendrons et nous assumerons des décisions importantes, car les enjeux sont cruciaux". Outre l'emploi, ce sommet sera aussi l'occasion d'évoquer le projet de "TVA sociale" ou "TVA anti-délocalisation" puisque le président n'a pas employé ce terme. Si les modalités de ce projet sont encore très floues, l'objectif est très ambitieux puisqu'il s'agit de réformer le mode de financement de la protection sociale et d'instaurer une nouvelle taxation aux frontières. Il faudra ensuite rallier les autres Etats membres de l'UE. Le président a donc du pain sur la planche. Début 2010, il faisait déjà de la lutte contre le chômage une priorité. Et assurait qu'il allait reculer "dans les semaines et les mois" à venir...