Les mutuelles vont augmenter de 5% en moyenne dès le 1er janvier
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"Tous les ingrédients sont réunis pour (que le) système explose à plus ou moins court terme". Cette déclaration alarmiste émane du patron des mutuelles françaises, Etienne Caniard. En cause: le nouvel "impôt sur la santé". La taxe spéciale sur les conventions d'assurance va être relevée de 3,5 à 7% en 2012. Et cette hausse sera répercutée en quasi-totalité sur les assurés dès le 1er janvier. "Plus de 5% en moyenne, ce qui est considérable dans une période de restrictions", juge Etienne Caniard, président de la Mutualité française, qui fédère la quasi-totalité des mutuelles. "Ce qui nous révolte, c'est que c'est un impôt sur tous les Français", développe-t-il, 94% d'entre eux ayant une complémentaire. Le patron des mutuelles déplore que leurs tarifs aient augmenté de 10,4% en trois ans, rien qu'à cause des taxes.
Etienne Caniard redoute que cette hausse, qui doit rapporter deux milliards à l'Etat, n'ait "un coût social et politique élevé". Un nombre croissant de Français pourraient renoncer à se soigner. "En 2011, il y a eu une augmentation sensible du renoncement aux soins ou de soins différés, déplore Etienne Caniard dans La Tribune. Le taux réel de renoncement tourne autour de 20% de la population. Et les personnes qui y renoncent sont celles qui sont déjà en difficulté: les personnes en rupture dans leur parcours professionnel, les personnes âgées ou les jeunes qui ont du mal à s'insérer dans la vie professionnelle."
Pessimiste, Etienne Caniard s'inquiète pour l'avenir de la santé en France. "Tout est réuni pour que le système explose à plus ou moins long terme, avertit-il. Cela a commencé de manière insidieuse, par des difficultés d'accès aux soins et par des remboursements déconnectés des prix réels". Le président de la Mutualité française avertit: "un système de santé ne se détruit pas en six mois. Il se détruit petit à petit, en supprimant les comportements préventifs, en ne permettant pas aux Français d'avoir accès rapidement aux soins..."
Julie Coste / DioraNews (DioraNews)