Le Père Noël, dans son atelier de Finlande
- © Photo AFP
Toute la période de l'Avent, traditionnellement dédiée à la préparation de Noël, a résonné de ces mots: "crise", "dette", dévaluation", "récession", "chômage"... Les dirigeants européens ont multiplié les "rencontres de la dernière chance" et les débats sur le triple A. Une ambiance assez peu propice à organiser des réjouissances. Et pourtant...
Selon une étude du cabinet Deloitte, l'envie de fêter Noël des Français reste très forte. Ils n'ont d'ailleurs, en moyenne, pas diminué le budget qu'ils consacrent à célébrer dignement l'évènement. Ils sont même les seuls Européens à dépenser plus cette année pour leurs cadeaux, leurs repas de fêtes et leurs sorties de fin d'année qu'en 2010. Il faut dire que le prix de certains aliments-star de la période a augmenté, en particulier celui des huîtres, décimées par un virus.
Mais ce choix n'est pourtant pas signe d'optimisme. Les Français sont même champions du monde du pessimisme: ils envisagent 2012 de façon plus sombre que les Grecs, les Irakiens ou même les Afghans, selon un sondage BVA. Ce Noël serait donc perçu comme la dernière occasion de "flamber" et se réjouir avant de devoir sérieusement se serrer la ceinture.
Du coup, les Français font des choix. Ils ne sacrifieront pas Noël mais seront peut-être plus chiches pour le réveillon du 31, préférant le côté "famille", plus réconfortant, de Noël. D'autant qu'ils ne sont pas pressés de basculer en 2012. Par ailleurs, pour préserver Noël, nombre de consommateurs ont choisi de faire des économies sur leurs autres dépenses, et notamment sur leurs sorties ou leurs loisirs. Enfin, les critères d'achats pour les cadeaux obéissent de plus en plus à deux mots d'ordre: bonnes affaires et cadeaux utiles. Le Père Noël compare scrupuleusement les prix entre les enseignes et se rabat souvent sur les sites de vente sur internet. Il a parfois entamé ses courses dès novembre, voire octobre, pour étaler les dépenses. Enfin, il offre de plus en plus souvent chèques et cartes cadeaux, pour ne pas risquer de se tromper.
Et quand il tombe néanmoins à côté, qu'à cela ne tienne! Les gens ont, de toute façon, de moins en moins de scrupules à revendre leurs cadeaux sur internet pour récupérer une partie de cette "manne" de Noël.
Bien sûr, dans le même temps, ils sont de plus en plus nombreux à devoir faire appel aux Restos du Coeur, au Secours populaire ou même au Samu social pour survivre. Pour ceux-là, malgré le mal que se donnent les bénévoles pour marquer l'évènement, ce Noël 2011 risque d'avoir un goût bien amer...