Il existe environ 200 000 médecins, contre seulement 16 000 vétérinaires
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La proposition de Françoise Tenenbaum a déclenché une levée de boucliers des professionnels de santé. La vice-présidente PS du Conseil régional de Bourgogne souhaite faire appel aux vétérinaires dans "les situations d'urgence" pour remplacer les généralistes dans les déserts médicaux. Mais la mesure semble difficilement applicable.
Un vétérinaire peut-il vraiment soigner un homme ? Même si les deux professions ont un titre de "docteur", les formations sont très différentes : 6 ans pour un médecin généraliste, 7 dont 2 années de classes préparatoires pour les vétérinaires. Pierre Buisson, président du syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral, a défendu sur Europe 1 "le concept d'une seule santé. Mais aujourd'hui les deux formations sont étanches. Un vétérinaire qui veut devenir médecin doit reprendre le cursus de vétérinaire à zéro".
"C'est totalement irréaliste et dangereux ! On n'est pas du tout compétents pour faire une médecine humaine", prévient même Gérard Vignault, président du Conseil régional de l'ordre des vétérinaires de Bourgogne. En jetant un tel pavé dans la mare, Françoise Tenenbaum avoue être consciente de cette limite. L'adjointe au maire PS de Dijon propose de mettre en place "une année de formation" en plus pour les vétérinaires.
Il existe environ 200 000 médecins généralistes et spécialistes, contre seulement 16 000 vétérinaires. Mais ces derniers sont bien mieux répartis sur tout le territoire. Selon les estimations de la profession, il y a au moins un vétérinaire tous les dix kilomètres. Car la question des déserts médicaux, notamment en zone rurale, inquiète de plus en plus. Le Conseil national de l'Ordre des médecins estime qu'en province, seulement deux médecins s'installent pour vingt-cinq départs en retraite.
Bien que le numerus clausus du concours d'entrée en médecine ait été relevé de 300 places pour 2012 (NDLR: pour arriver à 8 000), "il faudra une dizaine d'années pour que ces nouveaux médecins soient formés et puissent pratiquer", rappelle Françoise Tenenbaum, qui défend sa proposition dans ce contexte d'urgence. Pour compenser, il est fait de plus en plus appel à des médecins à diplôme étranger, notamment roumains. De toute façon, il faudrait procéder à une modification de la loi. En effet, seuls les professionnels titulaires d'un diplôme d’Etat de docteur en médecine ont droit de soins sur un patient "humain".