François Bayrou, à la Maison de la Chimie, à Paris, pour le lancement de sa campagne.
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Ce n'était plus une surprise. Et pourtant, de nombreux journalistes et reporters se sont déplacés mercredi après-midi afin d'écouter François Bayrou officialiser sa candidature à la présidence de la République. Le président du MoDem a tenu à s'adresser aux Français sur un ton solennel. Il a promis "la vérité" en proposant de "tourner une page", celle du sarkozysme. Il aurait environ 9% des intentions de vote au premier tour.
A la Maison de la Chimie à Paris, il a officialisé une candidature déjà annoncée le 24 novembre sur TF1. Du coup, Nathalie Kosciusko-Morizet a donné le premier coup de griffe : "C'est un feuilleton, ça fait des mois que toutes les semaines on annonce la date. (...) Et s'il monte dans les sondages, c'est que les Français aiment les séries" a ironisé la ministre de l'Ecologie.
François Bayrou n'en a que faire. Pour sa troisième candidature à l'Elysée, le leader centriste s'est dit "grave, heureux" et confiant. Il juge sa situation "plus prometteuse" qu'elle ne l'était à l'automne 2006, avant son envol dans les sondages et ses 18,57%, du premier tour de 2007. Et c'est justement le score qu'il va viser en avril prochain. Tout en misant sur une forte division de la gauche vue le nombre de candidatures. François Bayrou n'aura qu'Hervé Morin à affronter dans la famille centriste, Jean-Louis Borloo préférant passer son tour. Pour mieux rejoindre Nicolas Sarkozy ?
"En 2007, je n'y ai pas assez cru. J'ai été saisi par la vitesse de l'ascenseur", a confié François Bayrou l'année dernière. Peut-il renouveler l'exploit ? "Oui", répond l'intéressé qui en 2007 avait fait de la lutte contre la dette un thème majeur de sa campagne. "C'est un moment qui intervient alors qu'il apparaît aux yeux de tous que ma vision de la situation du pays était juste" assure-t-il. Le parcours de ses principaux concurrents l'incite également à l'optimisme. "Il y a la vision de Nicolas Sarkozy dont on connaît les échecs, les changements de cap et les insuffisances" et en face, "la candidature de François Hollande, désormais enfermée dans des négociations de partis".
Même s'il n'a pas encore de programme, il a déjà défini ses priorités: "la production et l'Education". Il estime être le seul à pouvoir construire "une majorité nouvelle", sorte de troisième voie entre droite et gauche, réunissant les modérés de chaque camp autour d'un objectif commun: mener "une guerre" à la crise en se fondant sur les forces du pays, en réhabilitant le "label France". Produire français et acheter français...
Aussitôt, Marine Le Pen a clamé haut et fort qu'elle l'avait "dit bien avant lui". Le député Yves Jégo, lui, accuse carrément Bayrou de plagiat et dénonce sur Twitter: "les propositions de Bayrou sur le "Made in France" sont celles de mon rapport remis à Sarkozy en mai 2010". Le président du MoDem est en campagne. Et les premières flèches sont déjà parties dans sa direction.
Michel Barisano (DioraNews)