Nicolas Sarkozy lors de son discours de Toulon sur la crise et l'Europe
- © Photo AFP
Il ne s'est toujours pas officiellement déclaré, mais le chef de l'État adopte de plus en plus souvent un ton de campagne. C'est en tous cas ce que dénoncent ses adversaires. Ils ont particulièrement pointé du doigt le discours de Toulon, prononcé jeudi soir par Nicolas Sarkozy devant des centaines de militants UMP arrivés à Toulon en bus. "Il a tapé sur les 35 heures, dit qu'il fallait travailler plus, chanté la Marseillaise devant des militants UMP venus en car, bienvenue en 2006", ironise ainsi Cécile Duflot sur Twitter. Pour Martine Aubry, "on a eu un candidat qui a essayé d'autojustifier son échec et de trouver des responsables ailleurs".
Il faut dire que si le président a fait peu d'annonces concrètes lors de ce discours, il n'a en revanche pas manqué d'attaquer à plusieurs reprises les socialistes et leurs alliés, que ce soit sur la question d'un siège européen au Conseil de l'ONU tel qu'il est souhaité dans l'accord PS/EELV ou encore sur le bilan de la gauche. Il a notamment assuré que nous "payons aujourd'hui" pour les "fautes graves" que furent les 35h et la retraite à 60 ans. Il s'en est enfin pris à Arnaud Montebourg qui manquerait de respect à l'Allemagne en comparant Angela Merkel et Bismarck. Enfin il a dénoncé le renoncement au nucléaire et le projet de VIe République.
Avant même que ce discours n'ait lieu, le PS avait d'ailleurs déjà dénoncé une confusion des genres. Mercredi, plusieurs membres de l'équipe de François Hollande ont déposé une réclamation à la Commission nationale des comptes de campagne. Ils estiment que les frais de déplacements du président devraient être pris en compte dans les comptes de campagne de l'UMP car, selon eux, le président "utilise les comptes de l'État pour mener campagne".
Pour l'UMP, néanmoins, il n'y a aucune confusion des genres. Henri Guaino, à l'origine de ce discours, l'a assuré, c'est un discours de président et non de candidat. Pour Jean-François Copé, "L'essentiel du message du président est d'avoir expliqué aux Français que nous ne sommes pas simplement en train d'affronter une crise, aussi grave soit-elle, nous sommes en réalité en train de changer d'époque. Il faut inventer un nouveau modèle de croissance et c'est à cela que le président de la République propose qu'on réfléchisse."
Le chef de l'État a en effet vanté le bilan de ses 3 dernières années, et de son action en pleine crise depuis son précédent discours de Toulon en 2008. Mais il s'est également montré pédagogue pour tenter d'expliquer cette crise et de donner les lignes fortes de ce qui doit, selon lui, aider la France à en sortir. Une fois encore, Nicolas Sarkozy a insisté sur l'importance à ses yeux du travail, mais aussi de l'effort pour maitriser les dépenses du pays. Il a surtout défendu l'Europe, estimant que "l'isolement n'est pas une solution" même s'il compte "réformer Schengen", et la convergence avec l'Allemagne, tellement débattue ces derniers jours en raison de l'inflexibilité d'Angela Merkel.
Enfin le président a annoncé la tenue en janvier d'un grand sommet pour l'emploi réunissant tous les partenaires sociaux.
Caroline Magnan (DioraNews)