Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité a progressé de 1,2% fin octobre
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Une nouvelle fois, le chômage progresse fortement en France. Le nombre d'inscrits à Pôle emploi a augmenté de 1,2% en octobre. Le taux de chômage pourrait passer la barre symbolique des 10% cette année alors que l'économie tricolore est menacée d'une nouvelle récession.
Il faut remonter à décembre 1999 pour observer un tel niveau. Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité (catégorie A) s'est accru de 34 400 personnes pour atteindre 2,814 millions, selon les chiffres publiés lundi par le ministère du Travail. Le total des personnes en quête de travail, y compris celles exerçant une activité réduite (catégories A, B et C), a également augmenté de 17 200, à 4,193 millions de personnes (+0,4%). Depuis le printemps dernier, le marché de l'emploi se dégrade mois après mois. En septembre, le chômage était déjà monté en flèche (+0,9 %).
Aucune tranche d'âge n'est épargnée. Alors qu'il avait baissé lors des quatre premiers mois de 2011, le chômage des jeunes augmente à nouveau de 0,6% (à 440 000) et les seniors de plus de 50 ans de 2,4% (à 585 000). Le nombre de chômeurs de longue durée (plus d'un an) est resté stable à un niveau élevé (1,593 million). Au total depuis le début de l'année, 91 500 demandeurs supplémentaires se sont inscrits à Pôle emploi. Le gonflement s'explique d'abord par le moindre recours des entreprises à l'intérim.
La situation est d'autant plus préoccupante qu'on peut s'attendre à "très peu de mesures de soutien à l'emploi - comme les emplois aidés, le chômage partiel ou le plan de relance (mises en place en 2008 / 2009 NDLR), car il n'y a pas les mêmes marges budgétaires", relève l'économiste Mathieu Plane de l'OFCE.
Il existe aussi d'autres explications à cette poussée du chômage. Les chiffres ne "peuvent pas être bons à cause d'une crise dont on ne sort pas encore et qui parfois même sur le terrain s'intensifie", a déclaré dimanche le ministre du Travail Xavier Bertrand. De fait, la croissance française tourne au ralenti : le PIB a reculé de 0,1% au 2e trimestre et n'a progressé que de 0,4% ce dernier trimestre. Or, l'activité va freiner à nouveau. L'OCDE voit même une "brève" période de récession en France d'ici la fin de l'année et table sur une croissance d'à peine 0,3% l'an prochain. Loin du 1% prévu par le gouvernement.