Cécile Duflot et Martine Aubry ont trouvé un accord
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Ils ont trouvé un accord. Mais c'est un accord parlementaire, et non de gouvernement; comme le dit Daniel Cohn-Bendit: "un accord de mandature qui permettrait un accord pour les législatives", mais "pas de gouverner ensemble". En effet, si les socialistes et les écologistes d'Europe écologie les Verts se sont mis d'accord c'est "a minima", selon les mots mêmes d'Eva Joly. Restent en effet plusieurs points de désaccord, notamment un majeur: le nucléaire. Si l'accord prévoit la réduction de 75 à 50% de la part du nucléaire dans la production électrique en 2025, et l'arrêt de 24 réacteurs sur 58 d'ici 2025, la question de l'EPR n'a pas été tranchée. Eva Joly avait fait de sa fermeture un impératif, mais François Hollande était contre et il n'a pas cédé. Le PS refuse également l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes.
Ces deux points de désaccord ont donc été actés dans le texte, parmi de nombreux points d'accord (retraite à 60 ans à taux plein, réforme fiscale, proportionnelle aux législatives...). Pour Martine Aubry il s'agit donc d'un "accord de compromis" et "de conviction". Les écologistes ne sont en effet pas complètement perdants. Ils ont obtenu la promesse de décrocher 25 à 30 députés en cas de victoire de la gauche aux législatives et 15 en cas de défaite grâce à un accord portant sur 60 circonscriptions. Ce sera la première fois que les écologistes disposeraient d'un tel groupe parlementaire (aujourd'hui, ils comptent 4 députés). Cécile Duflot obtiendrait notamment un poste de député à Paris, malgré l'avis contraire de Bertrand Delanoë.
Mais, s'il y a bien une "volonté partagée" de "travailler à une coalition solidaire parlementaire de 2012 à 2017" pour "battre Nicolas Sarkozy", selon Cécile Duflot, cet accord à l'Assemblée ne présage pas d'un partage du gouvernement, en raison des oppositions qui demeurent. Il n'est d'ailleurs pas dit que les militants d'EELV, très attachés à l'abandon du nucléaire, entérinent ce week-end en conseil fédéral cet accord.
La droite a d'ailleurs aussitôt ironisé sur cet accord: "avec EELV et le PS on n'est jamais déçu! Ils inventent maintenant l'accord sur le désaccord!" s'amuse notamment Yves Jégo sur internet. Les membres du gouvernement ont, eux, insisté sur le "marchandage" au coeur de ce texte. Qualifié de "totalement irresponsable par Eric Besson", il a également déclenché les foudres de François Fillon pour qui les socialistes ont "choisi de sacrifier l'un des rares avantages compétitifs de la France par rapport aux autres pays européens, l'un des domaines d'excellence de l'industrie française et de son rayonnement dans le monde".