Le ministre de l'Economie François Baroin.
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Une bourde insensée. Incroyable. En pleine tempête économique ! Jeudi, l'agence de notation Standard and Poor's annonçait que la France... perdait son précieux "triple A". Bien entendu, l'agence rectifiait immédiatement le tir en corrigeant sa faute, mais le mal était fait. Le doute semé. Le chiffon rouge agité. Et la rumeur s'est mise à enfler. Depuis, c'est règlement de compte sur règlement de comptes entre ceux pour qui il n'y a pas de fumée sans feu et ceux qui restent sur la ligne, de plus en plus fine, du "c'est une erreur, rien de plus".
Standard and Poor's, dont chaque communication est scrutée à la loupe dans le contexte d'extrême nervosité des marchés, a fait savoir que "suite à une erreur technique, un message" faisant état d'une dégradation de la note de la France avait "été automatiquement diffusé" à certains de ses abonnés. "Ce n'est pas le cas. La note de la République française est inchangée". Ce couac a été possible car l'écart entre le taux des obligations à 10 ans de l'Allemagne et de la France sur le marché de la dette a atteint un nouveau record historique jeudi, au-delà des 170 points de base. Ceci expliquant peut-être cela, mais quand même...
Alors que l'Etat français se démène pour sauver sa note, l'erreur de S&P nourrit le soupçon que le communiqué de l'agence annonçant la dégradation de la note de la France était prêt depuis longtemps, et surtout prêt à être diffusé. Jacques Attali a été le premier à s'engouffrer dans la brèche. Pour lui, la France a déjà perdu de facto sa note triple A. "Ne nous faisons pas d'illusion: sur les marchés, la note française n'est déjà plus AAA" souligne l'ancien président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).
Une déclaration qui a exaspéré la ministre du Budget. Pour Valérie Pécresse "des propos de ce type sont irresponsables car ils sont faux: aujourd'hui nous faisons tout pour garder ce triple A. Dire le triple A est déjà perdu, se réjouir déjà du pire, c'est irresponsable". Même son de cloche du côté du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer: "La France a toujours démontré sa capacité à respecter strictement ses objectifs et je ne vois aucune raison pour qu'elle ne fasse pas de même cette fois-ci". Le message se veut rassurant, mais le mal n'est-il pas déjà fait ?
Michel Barisano (DioraNews)