Question du 6 novembre 2011 Lire la question de ce jour

Jean-Pierre Chevènement peut-il faire perdre la gauche en 2012 ?

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Jean-Pierre Chevènement en août 2010 à Frangy-en-Bresse. Jean-Pierre Chevènement en août 2010 à Frangy-en-Bresse. - © Photo AFP

Il a fait son annonce dans une demi indifférence... Jean-Pierre Chevènement a choisi le JT de France 2 samedi soir pour se lancer dans la bataille de 2012. Considéré comme le "bourreau" de Lionel Jospin le 21 avril 2002, il rêve toujours de l'Elysée. Alors, à 72 ans, le "Che" reprend son bâton de pèlerin. Au risque de faire perdre la gauche ? Lui s'en défend. Mais au PS, on regarde cette candidature avec scepticisme.

"J'ai beaucoup réfléchi et j'ai décidé de me porter candidat pour faire bouger les lignes, c'est-à-dire pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant nous (...) Je ne suis pas candidat contre François Hollande". Jean-Pierre Chevènement a tenu lui-même a se positionner très vite afin d'éviter les fléchettes de ses anciens "amis" socialistes. Car rue de Solférino on n'a pas oublié. 21 avril 2002, 20h, Lionel Jospin arrive derrière Jacques Chirac et surtout derrière Jean-Marie Le Pen lors du 1er tour de l'élection présidentielle. L'onde de choc sera terrible. Jospin prendra même la décision ce soir-là de quitter la vie politique. Beaucoup feront porter le poids de cette catastrophe à l'ancien ministre de l'Intérieur. Alors, le sénateur de Belfort sait qu'il met les pieds en terrain miné en se déclarant une nouvelle fois candidat. Mais s'il annonce ne pas être en opposition avec François Hollande, il avance quand même que le projet socialiste ne cherche pas "une issue progressiste à la crise". Et toc...

"Il y a un vrai risque de dispersion des voix" affirme le sénateur PS André Vallini. Et ce proche de François Hollande sait qu'en plus il faudra compter sur les candidatures d'Eva Joly et de Jean-Luc Mélenchon. Le risque est énorme pour le PS. "Mon travail sera d'aider à faire un pont" entre François Hollande et Jean-Pierre Chevènement estime Arnaud Montebourg, fort de ses 17% à la primaire du PS. A droite, Brice Hortefeux est bien le seul à trouver des vertus à Jean-Pierre Chevènement : c'est "un homme de gauche, sincère et expérimenté, c'est-à-dire tout le contraire du projet socialiste porté par François Hollande". Alain Juppé préfère l'ironie: "J'ai beaucoup d'admiration pour Jean-Pierre Chevènement, repartir au combat en sachant qu'on fera, quoi, 3, 4, 5 pour cent, c'est une force d'âme qui mérite le respect".

"Il y a encore un espace pour la discussion", se force à croire André Vallini. Un espace peut-être. Mais il semble assez mince. Jean-Pierre Chevènement va devoir maintenant réunir les 500 parrainages nécessaires pour prétendre accéder à l'Elysée. En 2002, il avait obtenu 5,3% des suffrages.

Michel Barisano (DioraNews)
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