Le Premier ministre grec Georges Papandréou menace le sauvetage de l'euro
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L'annonce surprise faite lundi soir par le Premier ministre grec Georges Papandréou d'organiser un référendum sur le plan de sauvetage européen a sonné comme un coup de tonnerre. Le sommet de Bruxelles qui s'est achevé le 26 octobre dernier au terme d'une longue nuit de négociations n'aurait donc servi à rien. Quant aux chances d'obtenir le soutien d'autres grandes puissances lors du sommet du G20 qui s'ouvre jeudi à Cannes, elles sont désormais compromises.
Les bourses européennes, qui avait bondit la semaine dernière, ont toutes dévissé à l'ouverture mardi matin. La plus touchée, celle d'Athènes, s'effondrait de 6,24%. "Que va-t-il se passer si le peuple dit Non? Le risque est que la communauté internationale coupe l'arrivée d'argent et que le pays finisse par quitter l'euro. Il y a de quoi inquiéter sérieusement les investisseurs", commentait à Francfort un analyste de Commerzbank, Christoph Weil. L'agence de notation Fitch a quant à elle prévenu qu'un "non" du peuple grec menacerait la viabilité de toute la zone euro.
La décision de Papandréou a donc provoqué la stupeur et l'indignation des dirigeants de l'Union monétaire. Nicolas Sarkozy, après s'être entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel mardi après-midi, a convoqué une réunion interministérielle d'urgence à l'Elysée. Paris et Berlin se disent d'ores et déjà "déterminés" à faire appliquer l'accord visant à effacer une partie de la dette publique grecque. Ils se réuniront de nouveau aujourd'hui avec l'UE et le FMI.
Selon la majorité des observateurs, le référendum apparaît comme la dernière carte à jouer de Papandréou. Il l'aurait sorti pour sauver sa tête et éviter la tenue d'élections législatives anticipées qui l'auraient probablement mis sur la touche. D'autres évoquent au contraire la volonté du Premier ministre de défendre la souveraineté de la Grèce, qui serait sérieusement hypothéquée suivant l'accord final du dernier sommet de Bruxelles. Un "non" au référendum éviterait alors que le pays soit placé sous la tutelle économique de l'UE, et surtout de la troïka (FMI, BCE et Commission européenne).
La zone euro pensait sortir progressivement de la tourmente, elle va être contrainte de repenser sa stratégie économique. C'est un dilemme de taille qui s'impose désormais à elle. Faut-il sortir la Grèce de la zone euro, quitte à déstabiliser l'économie européenne toute entière? Ou redoubler d'effort pour mettre au point un autre accord, sachant que celui-ci avait été trouvé à l'arraché et dans la douleur.