Question du 28 octobre 2011 Lire la question de ce jour

Redoutez-vous un sauvetage de l'UE par la Chine ?

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Nicolas Sarkozy, jeudi soir à la télévision, lors d'une émission consacrée à la crise. Nicolas Sarkozy, jeudi soir à la télévision, lors d'une émission consacrée à la crise. - © Photo AFP

L'annonce est passée au départ "comme une lettre à la poste". Une grande partie des téléspectateurs n'ayant certainement pas vraiment compris de quoi il s'agissait. Mais à froid, les réactions ont commencé à fleurir ça et là. Et c'est surtout l'inquiétude qui pointe. Les mots de Nicolas Sarkozy pourraient bien se transformer en empoignade entre pro et anti. Mais la boîte de pandore semble ouverte...

Jeudi soir, lors de son interview télévisée, le président de la République a estimé que si la Chine volait au secours de l'UE, "notre indépendance ne serait pas remise en cause". Le chef de l'Etat ne voyant pas l'intérêt de refuser une telle manne financière. Cette petite phrase à fait l'effet d'une bombe dans les milieux économiques et politiques. Mais Pékin reste malgré tout très prudente sur le dossier de la crise européenne. Lorsque Nicolas Sarkozy a appelé le président chinois Hu Jintao, jeudi, ce dernier l'a quand même assuré de sa volonté de travailler à une solution lors du sommet du G20 à Cannes les 3 et 4 novembre et "d'envoyer un signal fort" pour aider à stabiliser l'économie mondiale. D'après le Financial Times, la Chine serait prête à puiser dans ses colossales réserves pour venir en aide à la zone euro. Mais... L'empire du milieu a précisé vendredi qu'il attendrait pour investir afin d'obtenir "des détails techniques pour y voir clair" avant de procéder à tout investissement.

Alors les politiques ne se sont pas laissé bercer par les propos des uns et des autres. Et ils ont réagi. Très vite. Dès jeudi soir, et dans la foulée de l'interview présidentielle, Marine Le Pen estimait que Nicolas Sarkozy "avait accepté que la Chine, en arrière de l'Allemagne, impose ses décisions aux Européens, mette sous tutelle l'économie européenne, renonçant à défendre le principe de la souveraineté du peuple français et renonçant à toute mise en oeuvre d'une solution protectionniste". Autre son de cloche chez Hubert Védrine. Pour l'ancien ministre des Affaires Etrangères, "dans la mondialisation, il y a les mondialisateurs et les mondialisés. Les Occidentaux ont perdu le monopole de la puissance, de la richesse, de l'influence, de la décision. Il faut partager avec d'autres." Le message semble clair... François Bayrou pense de son côté que le recours à la Chine pour soutenir le Fonds européen de stabilité financière provoquerait une "perte d'indépendance de l'Europe" et "qu'on sera moins armé" dans les relations avec Pékin. Le président du MoDem a jugé que la question était "extrêmement grave et troublante".

Mais le véritable basculement des mentalités européennes pourrait bien se trouver ailleurs. Le Japon a aussi décidé de voler au secours de l'Europe. Et pour la même raison que celle de la Chine : protéger sa propre économie. "Je vois la stabilisation de la crise en Europe comme étant dans notre propre intérêt", a déclaré Jun Azumi, le ministre japonais des Finances. Aux côtés de la Chine et du Japon, il y a également la Russie sur la liste des pays donateurs et d'autres pays émergents comme le Brésil, l'Inde et l'Afrique du Sud pourraient aussi s'impliquer. Tout un programme.

Michel Barisano (DioraNews)
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