Laurent Wauquiez et la Droite sociale ont lancé un nouveau pavé dans la mare
- © Photo AFP
Après sa charge contre "l'assistanat", et son projet d'obliger les bénéficiaires du RSA à effectuer des heures de service social, c'est la nouvelle proposition-choc de Laurent Wauquiez. Le ministre de l'enseignement supérieur et son mouvement la Droite sociale souhaitent "réserver une partie des logements sociaux à ceux qui travaillent", c'est-à-dire exclure les chômeurs de l'accès à ces logements à tarifs protégés. Un pavé dans la mare qui a aussitôt provoqué de vives réactions.
Le PS a rétorqué que les conditions de ressources pour obtenir un logement social bénéficiaient déjà aux personnes pouvant justifier de revenus pérennes, c'est-à-dire d'un emploi. Ce que confirme le président de l'Office public de l'Habitat de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel (PS) chez qui "les logements attribués en 2010, pourtant parfois situés au coeur de quartiers difficiles, l'ont été pour près de 2/3 à des salariés. (Avec) les retraités, c'est plus de 70%". Le PS ajoute qu'un "des défis actuels du logement social est justement de loger ceux qui ne remplissent pas ces critères et ont besoin de se loger".
Le groupe SRC (socialiste, radical et citoyen) de l'Assemblée a accusé l'UMP d'avoir "déclaré la guerre aux pauvres" via différentes mesures ("C'est Mme Pécresse qui réduit les indemnités journalières des salariés malades. C'est M.Bertrand qui restreint l'accès au RSA et aux prestations sociales pour les 'parents isolés' en caviardant un rapport de l'Assemblée sur la fraude sociale. C'est M.Guéant qui propose de mettre à l'amende les familles dont en enfant est dans la rue la nuit"). "Mais le summum de l'indignité est atteint par M.Wauquiez" affirme le communiqué du groupe qui poursuit: "Jusqu'où va mener ce délire? Réveille toi l'Abbé Pierre, ils sont devenus fous!" Le PCF a proposé de rebaptiser le club politique du ministre "la droite asociale".
Du côté des associations, la révolte est toute aussi forte. Pour Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du D.A.L. (association Droit Au Logement), "C’est une forme de condamnation à mort, on meurt deux fois plus vite quand on est dans la rue". Il ajoute que si on n'aide pas ceux qui n'ont pas d'emploi à trouver un logement, ils ne trouveront surement pas de travail.
À droite aussi, la mesure ne fait pas l'unanimité. Christine Boutin s'interroge: Laurent Wauquiez "veut-il mettre les patrons du CAC 40 dans les logements sociaux? Et les chômeurs, on les met à la rue?" pour Christian Estrosi, cette idée "n'est pas du tout celle de la majorité présidentielle, (...) ce n'est pas une mesure de justice et d'équité".
La Droite sociale, elle, a néanmoins décidé de mettre l'accent sur les classes moyennes et que "faire du social dans notre pays ne peut pas consister à le faire en oubliant ceux qui travaillent".