La libye a célébré sa libération... et aussitôt instauré la primauté de la charia
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C'est la déclaration qui inquiète l'occident. En évoquant leurs pourparlers pour former un gouvernement de transition, les membres du CNT libyen ont assuré que la nouvelle Libye serait régie par la charia. Moustapha Abdeljalil, le président du CNT, a notamment expliquant que l'usure était désormais bannie dans le pays où des banques islamiques seraient mises en places. Mais il a surtout cité la loi sur le mariage et le divorce et le retour de la polygamie. Des principes qui inquiètent les femmes de Libye, mais aussi les États-Unis, et l'Union européenne, qui ont appelé au respect des droits de l'Homme. La France a annoncé qu'elle serait "vigilante", en particulier en matière de diversité culturelle et religieuse ou d'égalité des sexes.
Moustapha Abdeljalil a tenu à rassurer ses partenaires occidentaux en assurant que les Libyens sont "des musulmans modérés" et que les règles de l'islam" ne représentent aucun danger pour quelque parti politique ou faction que ce soit".
En Tunisie également, le nouveau parti fort a dû rassurer les occidentaux. Selon les résultats partiels dont on disposait lundi soir, Ennahda disposait d'une large avance aux premières élections législatives libres du pays. Le parti islamiste a réaffirmé sn engagement à respecter les droits des Tunisiennes et des minorités religieuses. "Nous respecterons les droits de la femme sur la base du code de statut personnel et de légalité entre les Tunisiens quels que soient leur religion, leur sexe ou leur appartenance sociale", a assuré Nourreddine Bhiri, membre de la direction du parti islamiste. Les laïques craignaient en effet que le statut des femmes tunisiennes, particulièrement enviable dans le monde arabo-musulman, ne soit durement revu par les nouvelles autorités. Les récentes manifestations d'islamistes protestant contre la diffusion à la télévision du film Persépolis n'ont fait qu'accroitre les craintes.
En Égypte aussi, les Frères musulmans, durement réprimés sous le régime de Moubarak, devraient gagner beaucoup de place dans le nouveau système. Lors des élections du 28 novembre, ils pourraient gagner de nombreux sièges à l'assemblée qui établira la nouvelle constitution du pays.
Tous, pourtant, se revendiquent plus d'un modèle de parti islamiste à la turque que d'une révolution à l'iranienne et promettent aux puissances occidentales qu'elles ne regretteront pas d'avoir aidé à la libération de leurs pays.
Caroline Magnan (DioraNews)