Malgré la défaite, la presse française salue lundi le "panache" des Bleus
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Cela s'est joué à un point. Un seul petit point d'écart... qui avait fait la différence contre le Pays de Galles en demi-finale (9-8) et qui aura manqué au XV de France en finale, dans un Eden Park d'Auckland plein à craquer. Les Bleus, qui jouaient en blanc après un geste de fair-play exemplaire en laissant la Nouvelle-Zélande revêtir leur emblématique maillot noir, ont perdu (7-8) dimanche matin. Les All Blacks sont sacrés champions du monde, après 24 ans d'attente.
Donné largement battu par la plupart des observateurs, le XV de France s'est comporté en véritable équipe, formant le "V" de la victoire et avançant jusqu'aux dix mètres protocolaires face au haka des All Blacks, le guerrier "Kapa O Pongo" achevé par un geste d'égorgement. Les hostilités pouvaient commencer. Après avoir été rapidement menés 5-0 par un essai d'école du pilier Tony Woodcock (15e) sur une grossière erreur défensive en touche, puis être revenus à un point en seconde période avec l'essai du capitaine Thierry Dusautoir (47e) transformé par François Trinh-Duc, les Français s'inclinent pour la troisième fois de leur histoire en finale, après les défaites de 1987 contre ces mêmes All Blacks à Auckland (29-9) et de 1999 à Cardiff contre l'Australie (35-12).
"On a toujours dit et pensé que l'équipe des All Blacks était la plus grande équipe de tous les temps. Ce soir (dimanche), je crois que c'est le XV de France qui a été grand. Il a même été immense. Mais c'était difficile, il aurait fallu un peu plus", a regretté Marc Lièvremont. L'entraîneur français n'a pas souhaité s'exprimer sur l'arbitrage du Sud-Africain Craig Joubert. S'estimant floués, ses joueurs ne s'en sont pas privés après la rencontre. "On a eu l'impression de jouer à seize contre quinze", a résumé le talonneur Dimitri Szarzewski. La presse néo-zélandaise, qui avait fait ses choux gras de la prétendue "violence" des rugbymen français à travers les âges, oubliera sans doute le coup de genou du capitaine All Blacks, Richie McCaw, sur l'ouvreur Morgan Parra, au sol, et contraint de sortir dès la 23e minute. Son remplaçant, François Trinh-Duc, doit nourrir bien des regrets en ayant manqué une ultime pénalité... de près de cinquante mètres.
Nicolas Sarkozy a tenu à congratuler le XV de France "au nom de tous les Français". Le chef de l'Etat "adresse à chacun des joueurs, au sélectionneur, Marc Lièvremont, ainsi qu'à tous les membres de l'encadrement et aux dirigeants du rugby français, ses plus chaleureuses et sincères félicitations pour ce beau parcours qui a mené notre pays au sommet du rugby mondial". Le président "salue la combativité, la générosité et l'esprit de fraternité de notre équipe, qui a fait honneur aux valeurs de son sport, de son maillot et de son pays pendant toute cette compétition [...] En finale, le XV de France a été grand et est passé très près de la victoire. Cette équipe nous a rendus fiers, elle a perdu de justesse dans l'honneur et la fraternité, mais nous a fait vivre de précieux moments de sport et de bonheur". Rendez-vous en 2015 pour la prochaine Coupe du monde de rugby qui aura lieu... en Angleterre.