L'ex-"Guide de la révolution" libyen a été tué jeudi à Syrte
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C'est un "moment historique" pour la Libye, selon ses nouveaux dirigeants, les membres du Conseil national de transition. Mouammar Kadhafi est mort jeudi, lors d'un assaut contre sa ville natale de Syrte. "C'est la fin de la tyrannie et de la dictature. Kadhafi a rencontré son destin", selon le porte-parole officiel du CNT. "Sa mort va mettre fin au bain de sang et au martyre de notre jeunesse".
Les différents leaders occidentaux ont également salué une étape décisive dans l'histoire du pays dirigé d'une main de fer par le "Guide de la révolution" durant 42 ans. Pour les États-Unis, c'est "une occasion pour la Libye d'aller de l'avant". Nicolas Sarkozy a salué une "étape majeure" pour la libération du pays, et l'Union européenne a salué "la fin d'une ère de despotisme et de répression".
Mais cette mort prive les Libyens d'une confrontation avec leur ex-dictateur et avec les heures sombres d'une histoire sur laquelle ils manqueront sans doute toujours d'éclaircissements. Un aspect souligné aussi bien par Gérard Longuet que par François Hollande. Le leader déchu est le seul dirigeant arabe à avoir été tué dans les révoltes qui ont débuté à Noël dernier. La Tunisie et l'Égypte ont déjà entamé les procès de leurs anciens dirigeants. Certaines associations réclamaient d'ailleurs un procès en Libye, si Kadhafi était un jour arrêté, et non devant la Cour pénale internationale, pour permettre aux nouvelles autorités libyennes de mettre en place un système judiciaire et démocratique solide.
Mais un procès Kadhafi aurait également pu s'avérer gênant. D'abord parce qu'il aurait offert une nouvelle tribune à l'ancien dictateur. Ensuite parce qu'il aurait pu se révéler long, compliqué et source de nouvelles divisions. Enfin parce que, pour un certain nombre de puissances occidentales, il aurait pu mettre au jour de troubles secrets. Ces dernières années, la plupart des pays occidentaux avaient oublié leur rancune envers un leader terroriste pour se rapprocher d'un chef d'État à la tête de marchés prometteurs.
Finalement, le débat est le même qu'il y a quelque mois au moment de la mort de Ben Laden. Vaut-il mieux éliminer purement et simplement les hommes jugés dangereux ou est-ce un abandon du principe de justice?