François Hollande, heureux, arrive au siège du PS dimanche soir.
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La soirée a été riche d'enseignements... Et au bout d'un court suspense, les résultats sont tombés. Martine Aubry, blafarde, regagnait le siège du Parti socialiste la tête basse. Elle venait d'apprendre la victoire de François Hollande à la primaire du PS. Avant même la publication des résultats définitifs.
Très vite, Martine Aubry a reconnu et salué "chaleureusement" la "victoire" de son rival avant d'ajouter qu'elle allait reprendre son poste de première secrétaire, après l'avoir abandonné pendant la durée de sa campagne. En off, la candidate battue s'exprime devant des journalistes : "Il y a des déceptions personnelles et des combats collectifs , les combats collectifs sont plus importants". Puis ce fut au tour de ses proches de monter au créneau. Le porte-parole du PS Benoît Hamon a exprimé "sa tristesse", regrettant que Martine Aubry qu'il soutenait "ne soit pas la candidate socialiste" à la présidentielle. Dans le même temps, Harlem Désir, premier secrétaire par intérim le temps de la primaire, saluait la "large victoire" de François Hollande, en assurant que le Parti offrait "son meilleur candidat à la France".
L'arrivée de François Hollande rue de Solférino aux alentours des 21h15 s'est déroulé dans une cohue indescriptible. Des dizaines et des dizaines de photographes, cameramans et journalistes se sont pressés contre la voiture du gagnant du soir. Martine Aubry accueille sur le perron François Hollande. Elle le félicite. Ségolène Royal embrasse son ancien compagnon. Manuel Valls est aussi là. Les ex-candidats sont émus. Arnaud Montebourg, qui avait obtenu plus de 17% lors du premier tour, estime que le PS a choisi "un leader incontesté" en la personne de François Hollande, au terme d'un "extraordinaire processus de rénovation du parti". François Hollande salue les uns et les autres et prend enfin la parole : "J'ai la volonté de réussir le changement", dit-il en présidentiable. "J'ai besoin d'un parti socialiste solidaire (...) Je prends acte avec fierté et responsabilité du vote de ce soir (...) C'est le rêve français que je veux réenchanter", dit-il dans sa première déclaration.
Dans l'opposition, Nadine Morano, déléguée générale de l'UMP aux élections, estime que Martine Aubry, qui a subi "un désaveu des militants et des sympathisants", devrait "démissionner" de son poste de première secrétaire du PS. Jean-François Copé minimise la victoire de François Hollande : "On est en train de faire un faux suspense. Hollande avait tout le monde avec lui et Martine Aubry avait tout le monde contre elle". Christian Jacob estime que la force de François Hollande a été d'être "Monsieur je ratisse tout" et "de se positionner sur rien". "Eh bien maintenant on va voir comment il va s'en sortir", a lancé le patron des députés UMP.
Le second tour aura été marqué par une participation en hausse. Le signe d'une "légitimité" forte pour le futur candidat, ont immédiatement fait remarquer plusieurs ténors du parti. La campagne est lancée.
Michel Barisano (DioraNews)