Martine Aubry estime qu'il faut "une gauche qui ne soit pas molle, une gauche forte".
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"Quel serait mon péché, ma faute?", déclamait François Hollande vendredi matin sur France Inter, interrogé sur les propos de Martine Aubry. Après avoir reproché jeudi au favori des sondages d'utiliser des "mots de droite" et l'avoir qualifié de "candidat du système", "plus facile à battre pour Nicolas Sarkozy", la maire de Lille a quelque peu atténué vendredi ses accusations, parlant d'un candidat du "système des sondages" tout en soutenant qu'elle n'avait pas "fait de dérapage". Pourtant, de la "gauche molle" au dicton de sa grand-mère ("quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup" ndlr), c'est François Hollande qui en prend pour son grade.
D'ailleurs, le mal est fait pour l'élu corrézien. "Il faut arrêter cette escalade, je crois que c'est un dérapage!", a-t-il déploré, soulignant ne pas vouloir "entretenir le feuilleton" tout en reprochant à sa rivale de croire qu'en "montrant de l'agressivité, on montre du caractère". Ses partisans sont également montés au créneau. "Propos inutiles" d'une candidate qui "ne cherche pas au rassemblement" pour Manuel Valls. "Attention à ne pas se tromper d'adversaire", préconise Pierre Moscovici. "Carton rouge à Martine Aubry [...] il ne faudrait pas qu'on se gâche la fête des primaires", s'inquiète Vincent Peillon.
Rappelant à l'ordre les deux finalistes, la Haute autorité des primaires (HAP) leur a d'ailleurs demandé vendredi d'"éviter les pièges du dénigrement comparatif" et d'avoir "constamment à l'esprit que toute stigmatisation de l'un ou de l'autre revient à blesser une partie de l'électorat des primaires". Martine Aubry et François Hollande "appartiennent à la même famille politique et se situent dans le même champ de valeurs", "leur unité, dès le lendemain des primaires, comme la fusion de leurs équipes constitue la condition du succès en 2012", a estimé la HAP.
Une unité qui devra d'ailleurs s'afficher dès la convention d'investiture, le 22 octobre à Paris. La HAP insiste bien sur le fait que cela "doit être un jour d'unité et de fraternité contagieuse pour des millions d'autres électeurs qui feront du candidat ou de la candidate élu(e) le ou la 7e président(e) de la Ve République française".
En visite sur un marché de Montreuil en Seine-Saint-Denis, Martine Aubry a appelé les électeurs à ne répondre "ni aux injonctions ni aux sondages". Levant un faux suspense entretenu depuis dimanche, Arnaud Montebourg a indiqué ce vendredi qu'il votera "à titre personnel" pour François Hollande. François Lamy, le directeur de campagne de Martine Aubry, dit n'avoir "pas d'inquiétude sur le choix" des montebouriens dimanche au second tour. Les jeux sont-ils faits ?