Le premier tour des primaires à gauche a attiré "plus de 2,5 millions de votants"
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Une "grande fierté" dixit Harlem Désir. Le premier secrétaire du PS par intérim a confirmé lundi matin le succès populaire de cette primaire inédite. Le premier tour a attiré "plus de 2,5 millions de votants", dépassant de loin son objectif affiché de 1 million de votants. A l'UMP, c'est un peu la soupe à la grimace.
Le parti présidentiel a d'abord tenté de minimiser la mobilisation à cette consultation. Son numéro 1, Jean-François Copé, a souligné que "seulement 4 à 5% des Français" se sont déplacés dimanche. "C'est un score intéressant mais nous n'avons pas d'éléments de vérification, car ce sont des chiffres du PS". A titre de comparaison, la première primaire organisée par la gauche en Italie avait rassemblé plus de 4 millions de votants en 2005.
Jean-François Copé a ensuite concentré ses attaques lundi sur le "faiseur de roi", Arnaud Montebourg. Il a notamment fustigé la "démondialisation" chère au député de Saône-et-Loire. Un "concept fou" qui "fait hurler de rire le monde entier". Et de poursuivre son raisonnement: "Décréter que la France sera une île, je ne connais qu'une seule personne qui dit être proche de cette idée, c'est Marine Le Pen [...] Il y a une proximité idéologique un peu troublante [...] si M.Montebourg soutient M.Hollande, on va assister à l'alliance de la carpe et du lapin [...] s'il soutient en revanche Mme Aubry, qui est plus à gauche, vous imaginez l'ambiguïté de ce scrutin... Les compteurs sont ouverts".
Un véritable dispositif va être déployé au surlendemain du second tour. "Notre rôle à nous va être de démonter tout ça", explique Jean-François Copé, via notamment une convention UMP spécialement dédiée à "décortiquer" le programme du PS, ainsi qu'une "cellule riposte" chargée de "la réponse systématique au Parti socialiste". Elle sera complémentaire de l'équipe qui travaille à "la définition des argumentaires de riposte", animée par Brice Hortefeux. De son côté, François Fillon a voulu mettre au défi François Hollande et Martine Aubry. "Nous verrons cette semaine si ceux qui se réclament de la sociale-démocratie ont le cran de tenir leur ligne, ou s'ils sont prêts à céder aux surenchères de l'aile gauche". Mercredi dernier, le Premier ministre avait tout de même loué "un processus moderne qui convient à droite comme à gauche, pour toutes les élections".
Cerise sur le gâteau pour le Parti socialiste, ses sympathisants ont versé davantage que la participation financière minimum de 1 euro qui leur était demandée. Selon Régis Juanico - le trésorier du PS - interrogé par L'Expansion, "on se situe à environ 1 euro 50 par Français". Au total, 3,75 millions d'euros sont entrés dimanche dans les caisses socialistes pour un coût d'organisation estimé à 3,5 millions d'euros. Un petit pactole. Sachant que dimanche prochain, toutes les participations récoltées constitueront également du profit.
Car si les sympathisants qui ont voté au premier tour sont dispensés de repayer au second (un reçu atteste de leur paiement), il y aura probablement des nouveaux électeurs, qui pourraient verser plus que le minimum symbolique. De quoi constituer un véritable trésor de guerre. "On va l'utiliser pour financer la campagne présidentielle", jure Régis Juanico. L'UMP avait raillé le prix des "stylos-photographes" en période de crise, entre 300 000 et 500 000 euros. En plus d'être un succès politique, cette primaire sera finalement très rentable. De quoi donner des envies à l'UMP... pour 2017.