L'hémicycle du Sénat, à Paris.
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La victoire est historique et à sept mois de la présidentielle, c'est un véritable symbole. Un symbole et un camouflet pour Nicolas Sarkozy. Reste que la majorité va avoir du pain sur la planche cette semaine. Car il est fort à parier qu'elle décortiquera chaque chiffre de chaque candidat, histoire de comprendre la débâcle. Pendant ce temps, au PS, on jubile...
La gauche a signé dimanche une victoire historique. Pour la première fois sous la Ve République, elle remporte les élections sénatoriales en faisant basculer la deuxième chambre du Parlement dans son camp. La gauche détient au moins 175 sur les 348 sièges du Sénat. Au fur et à mesure de la journée, les résultats sévères pour la majorité sont tombés. Et plus les heures passaient, plus l'issue devenait inéluctable. A 19h dimanche, les ténors du PS ne tenaient plus en place. "Le 25 septembre 2011 est un jour qui marquera l'histoire", déclare Jean-Pierre Bel, candidat PS à la présidence du Sénat. "Pour la première fois depuis 1958, le Sénat va connaître l'alternance", annonce-t-il après plusieurs salves d'applaudissements.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. A gauche, Martine Aubry a estimé que la victoire aux sénatoriales était "un échec pour le président de la République (...) Pour nous, cette victoire vient de loin". Selon elle, les grands électeurs "ont voté avec la même exaspération que les Français devant la République abîmée". Ségolène Royal a "salué la victoire de la gauche" aux élections sénatoriales en soulignant qu'il s'agit "d'une sanction d'une sévérité extrême de la politique de la droite". François Hollande a jugé que la victoire de la gauche au Sénat constituait "une décomposition du système politique" de Nicolas Sarkozy et était "d'une certaine façon prémonitoire de ce qui va se passer en 2012".
A droite, le Premier ministre, François Fillon, a pris acte d'une "forte poussée" de l'opposition aux élections sénatoriales, "accentuée par les divisions de la majorité". Il en a profité pour appeler au "rassemblement de tous les élus qui se reconnaissent dans les valeurs de la majorité présidentielle". Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a estimé que la défaite de la droite au Sénat constituait "une déception, mais pas une surprise" en raison "des défaites locales successives" depuis 2004. Le président sortant du Sénat, Gérard Larcher, avait pronostiqué un véritable "séisme" politique en cas de victoire de la gauche. "Ce résultat est la conséquence des élections locales de 2008. Mais nous avons dû mener une campagne difficile", a reconnu le sénateur des Yvelines. Gérard Larcher (UMP) a annoncé qu'il était candidat à sa propre succession, malgré la victoire inédite de la gauche.
L'Elysée a simplement "pris acte" dimanche soir des résultats des élections sénatoriales dans un communiqué laconique. Contrairement aux autres soirées électorales, le chef de l'État n'a pas réuni ses lieutenants à l'Élysée. La solitude du pouvoir les soirs de défaite ?