Dominique Strauss-Kahn s'est expliqué sur TF1, 4 mois après son arrestation
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C'était l'interview que les Français attendaient depuis 4 mois. Pour la première fois depuis son arrestation à New York en mai, Dominique Strauss-Kahn a donné sa version des faits qui lui ont été reprochés. Et avant tout, il a choisi de se défendre. "Il n'y a eu ni violences, ni contrainte, ni agression, ni aucun acte délictueux", a-t-il affirmé avant de préciser, en brandissant des feuilles présentées comme étant le rapport du procureur, que "toute l'histoire racontée (par Nafissatou Diallo) est un mensonge" et que le bureau du procureur lui-même en avait convenu.
L'ex-directeur du FMI a néanmoins reconnu une "relation inappropriée et, plus que cela, une faute morale dont je ne suis pas fier" et que "je n'ai pas fini de regretter". "J'ai vu la douleur que j'aie créée autour de moi et j'ai beaucoup réfléchi, cette légèreté je l'aie perdue pour toujours" a-t-il assuré. Il a d'ailleurs reconnu avoir blessé Anne Sinclair, "une femme exceptionnelle sans qui (il) n'aurait pas résisté", mais aussi ses "enfants, (ses) amis et les Français".
Pour autant, il n'exclut pas que l'affaire puisse être "un piège. Un complot, on verra", et est bien décidé à ne pas négocier pour la procédure ouverte au civil aux États-Unis. Quant à l'affaire Banon, là non plus, il affirme qu'il n'y a eu "aucune agression" et que la version présentée par la jeune femme est "imaginaire".
À propos du système judiciaire américain, il avoue "j'ai eu peur, très peur" et j'ai eu l'impression d'être "piétiné, humilié avant même de pouvoir dire un mot". Interrogé par Claire Chazal sur l'argent dépensé durant cette affaire, et sur l'image ainsi donnée, il a assuré qu'avec son épouse, ils avaient d'abord tenté de louer un deux-pièces puis un studio et que c'est face à la ruée des journalistes qu'ils avaient été contraints d'opter pour une maison. "Cette maison, je ne l'aimais pas, elle était chère, mais c'était ça ou retourner à Riker's Island".
Enfin, l'ex-ministre a reconnu qu'il avait voulu être candidat aux primaires, "je pensais que je pouvais être utile" mais qu'il ne serait "évidemment pas" candidat à la présidentielle de 2012, ajoutant que ce n'était pas son "rôle de s'immiscer dans la primaire" du PS, malgré son "amitié" pour Martine Aubry. Il n'exclut néanmoins pas un retour en politique, car "toute ma vie a été consacrée à essayer d'être utile au bien public", même s'il compte d'abord "se reposer" et "prendre le temps de réfléchir".
Caroline Magnan (DioraNews)