La mosquée du Boulevard Ney à Paris, vendredi après-midi.
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Le dossier est délicat et chacun le manie avec précaution. La mise en place de l'interdiction des prières de rue a été mise en place vendredi. Et dans l'ensemble, elle a été respectée... A Paris, environ 200 personnes, pour la plupart dans l'ignorance qu'un nouveau lieu de culte était ouvert, ont prié sur les trottoirs.
Les prières de rue duraient depuis plusieurs années déjà dans la capitale, notamment dans le quartier de la Goutte d'or. La polémique a surgi subitement l'an dernier. En décembre, Marine Le Pen avait fait un parallèle avec la Seconde Guerre mondiale, parlant "d'occupation". Le scandale est général. Depuis, le ministère de l'Intérieur s'efforce de mettre fin au problème parisien dans les plus brefs délais. Une étape cruciale a été franchie avec la signature d'un accord entre les responsables de deux mosquées du 18e arrondissement de Paris. Claude Guéant s'était dit déterminé à mettre fin aux prières de rues en France, notamment à Paris et Marseille où de nouveaux lieux de culte ont été ouverts pour les fidèles musulmans.
Hier, Nicolas Comte, secrétaire général Force ouvrière de l'unité SGP-Police, assurait n'avoir reçu aucune "consigne sur les mesures à appliquer en cas de non-respect de la loi". "Evidemment nous privilégierons le dialogue et la concertation." Les policiers n'envisagent pas pour l'instant de procéder à des arrestations pour ce genre d'opérations sensibles. Si la loi sera toujours appliquée, ils adapteront toutefois leur action en fonction du moment et de la situation. Dans la semaine, pourtant, le ministre de l'Intérieur avait annoncé la couleur : "Si d'aventure il y a des récalcitrants, nous y mettrons fin".
Sur le terrain, la mise en place va se faire progressivement. Les décors ne sont pas encore accrochés, mais la volonté est farouche. A Paris, environ 4 000 personnes ont afflué en début d'après-midi (vendredi) et pour la première fois, dans une ancienne caserne militaire du 18e arrondissement. Et dans l'ensemble, les croyants se disent plutôt satisfaits. Pour l'imam d'une mosquée parisienne, Moustapha Hamdaoui, "cela soulage (...) Les gens n'aiment pas prier dans la rue, sous la pluie ou sous le soleil". A Marseille, la préfecture des Bouches-du-Rhône a annoncé "la mise à disposition provisoire" d'un espace de 1.000 m2.
La France compte 2,1 millions de "musulmans déclarés".
Michel Barisano (DioraNews)