Question du 8 septembre 2011 Lire la question de ce jour

Déficit de la Sécu : les Français consomment-ils trop de médicaments ?

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Les Français ont dépensé, en 2009, 36 milliards d'euros de médicaments Les Français ont dépensé, en 2009, 36 milliards d'euros de médicaments - © Photo AFP

Une fois de plus, le déficit de la Sécurité sociale s'avère alarmant. La Cour de Comptes a tiré la sonnette d'alarme jeudi en pointant un trou historique en 2010 : près de 30 milliards d'euros. Or ce déficit n'est pas uniquement imputable à la crise, estime la Cour. "Moins de la moitié de celui du régime général provient de la faiblesse de la conjoncture", décrit son rapport. Pour le reste, la Cour pointe des "transferts répétés de dettes" depuis 1996.

Surtout, la Cour des comptes pointe "la politique suivie depuis 20 ans" en matière de médicaments. Entre 2004 et 2009, les Français ont en effet augmenté de 18% leurs dépenses en termes de médicaments. Des dépenses qui ont atteint 36 milliards d'euros en 2009. Or les remboursements de ces produits coutent 26,8 milliards d'euros à la Sécurité sociale. "En 2008, la France a consacré à ses dépenses de médicaments 1,84% de son PIB, soit une part de 15% supérieure à celle de l'Allemagne (1,59%) et de 78% supérieure à celle du Royaume-Uni (1,03%)", dénonce le rapport. Les Français ne sont pourtant pas plus malades au départ ni mieux soignés au final...

En cause, selon la Cour: "une culture de prescription spécifique qui favorise une forte consommation de médicaments nouveaux et chers". En 20 ans, le prix moyen de vente est passé de 3,09 euros à 6,95 euros. Les magistrats ciblent notamment l'hôpital, dont les prescriptions sont à l'origine du tiers des remboursements malgré une "absence totale de régulation". Mais aussi la stratégie des laboratoires qui créent des "contre-génériques" en mettant sur le marché des molécules très voisines des médicaments originaux quand le monopole d'exploitation de ceux-ci arrive à échéance.

Enfin, la Cour dénonce un système de fixation des prix manquant de transparence. Les tarifs pratiqués ne seraient pas assez dépendants du service rendu par le produit. L'évaluation des molécules s'appuyant "sur des études qui sont laissées à l'initiative du fabricant", elle ne serait pas forcément fiable, comme le cas du Médiator a pu le prouver.

La Cour appelle donc à une refont complète du système et invite les autorités à imposer aux industries pharmaceutiques des règles plus strictes.

Caroline Magnan (DioraNews)
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