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Tchernobyl : approuvez-vous le non-lieu prononcé par la justice française ?

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Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, le réacteur n°4 de Tchernobyl explose Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, le réacteur n°4 de Tchernobyl explose - © Photo AFP

25 ans après, la France estime à nouveau avoir été épargnée par le nuage de Tchernobyl. La cour d'appel de Paris a tranché mercredi en prononçant un non-lieu dans l'enquête sur l'impact du nuage. Elle a estimé qu'il n'avait eu aucune conséquence sanitaire mesurable sur le pays et a mis hors de cause le Pr Pellerin qui, à l'époque de l'explosion, était à la tête du Service central de protection contre les rayons ionisants. Il avait été le seul autorisé à communiquer sur l'évènement et était poursuivi pour "tromperie aggravée".

"Honte suprême, la cour d'appel de Paris vient de voler le procès aux malades de la thyroïde", s'est insurgé le réseau Sortir du nucléaire. "S'il n’y a pas de justice pour toutes ces victimes, ça veut dire que nous ne sommes plus en démocratie dans le cadre du nucléaire", a commenté la fondatrice de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité) et députée européenne Europe Écologie - Les Verts, Michèle Rivasi. "Avec ce non-lieu, on s'est moqué de nous", estime le Dr Denis Fauconnier, généraliste qui, le premier, avait souligné les retombées de la catastrophe sur la population corse. Pour Noël Mamère, c'est "déni de justice qui prouve la force du lobby nucléaire dans notre pays " et "une insulte pour ceux qui sont malades des suites du passage du nuage de Tchernobyl. C'est révoltant". Eva Joly, candidate d'EELV à la présidentielle, a dénoncé un Etat "au-dessus des lois". "A l'heure où le Japon affronte une catastrophe nucléaire où l'accès à l'information des populations civiles n'est pas garanti, et même bafoué, la garantie d'impunité que nous renvoyons est scandaleuse", a estimé la députée européenne Corinne Lepage.

Mais le parquet d'abord et la cour ensuite ont estimé qu'il était impossible de prouver le "lien de causalité" entre la contamination de certaines zones et les cas de cancers ou d'infections.

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, le réacteur n°4 de Tchernobyl explose, libérant un nuage radioactif qui, porté par les vents, va survoler le Belarus, la Russie, la Finlande, la Suède, puis la Hongrie, la Tchécoslovaquie, l'Allemagne, l'Italie du Nord et enfin le sud-est de la France qui est entièrement couvert le 1er mai. Pourtant, longtemps les autorités françaises tiendront un discours beaucoup plus apaisant que celui de tous leurs voisins. Jusqu'à ce qu'un groupe de scientifiques décident de mener des études indépendantes qui, en quelques jours, amènent la presse à titrer sur "le mensonge radioactif (Libération, le 12 mai). Si l'l'IPSN (Institut de protection et de sûreté nucléaire) finit par reconnaitre que "la radioactivité a été jusqu'à 400 fois supérieure à la normale", les autorités persistent à affirmer que "la radioactivité reste très en deçà des seuils dangereux".

En 2001, pourtant, 53 malades portent plainte, lançant la procédure qui a abouti mercredi à un non-lieu. Ils n'ont pas pourtant l'intention de baisser les bras. L'association qui regroupe les victimes va se pourvoir en cassation.

Caroline Magnan (DioraNews)
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