Jacques Chirac, le 14 août à Saint-Tropez
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Le procès des emplois fictifs de la Ville de Paris aura bien lieu. Le tribunal correctionnel de Paris a autorisé lundi Jacques Chirac à être "jugé en son absence", en raison des "problèmes médicaux" qu'il a fait valoir. Les débats sur le fond vont commencer dès mardi après-midi. L'ancien président sera donc représenté par ses avocats comme il l'avait demandé. Ceux-ci avaient annoncé dès samedi matin que Jacques Chirac n'avait "plus l'entière capacité de participer au déroulement des audiences".
Le gendre de l'ancien chef de l'Etat, Frédéric Salat-Baroux, a insisté sur la dimension "très personnelle voire intime" de ce sujet pour tous les proches de Jacques Chirac, son épouse Bernadette, sa fille Claude et son petit-fils Martin. "Son état de santé s'est dégradé depuis quelques mois, c'est vrai, et dans ces conditions, sa présence au procès ne peut pas avoir lieu dans des conditions humaines et de dignité", a-t-il expliqué. "C'est très douloureux pour sa famille", a poursuivi le mari de Claude Chirac.
Il a fait valoir que "n'importe quel justiciable aurait pu demander que le débat s'arrête", mais, "Jacques Chirac ne le veut en aucun cas [...]De toutes ses forces, il souhaite que le procès aille à son terme, car pour lui, il a une dimension symbolique et politique majeure [...] Si le procès s'arrêtait, les Français penseraient qu'il y a deux justices, l'une pour les puissants, l'autre pour les faibles [...] Et cela, Jacques Chirac ne le veut à aucun prix. Du plus profond de sa volonté, il accepte en définitive de ne pas être un justiciable comme les autres. Comme homme d'Etat, ancien chef de l'Etat, il considère devoir accepter plus d'exigences que d'autres".
Les spéculations sur son état de santé ont émaillé l'actualité politique depuis l'accident vasculaire cérébral qui l'avait frappé en septembre 2005, au cours de son dernier mandat. Les traits fatigués, Jacques Chirac avait fait la Une des médias en août dernier à Saint-Tropez, assis au premier rang d'un célèbre établissement aux tables et chaises rouges gratifiant d'un baisemain les jeunes filles et dégustant bière et moules-frites. Jacques Chirac, 79 ans, souffre depuis plusieurs mois d'anosognosie, indique le rapport médical signé par le professeur Olivier Lyon-Caen.
La principale victime est pour sa part absente du procès. La ville de Paris a renoncé à se porter partie civile à la suite d'un accord d'indemnisation de 2,2 millions d'euros conclu en septembre 2010 avec l'UMP et Jacques Chirac.