L'hôpital de Bayonne
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L'affaire de l'urgentiste de l'hôpital de Bayonne relance le débat.
Nicolas Bonnemaison, un médecin de 50 ans, a été mis en examen vendredi pour "empoisonnement" après le décès suspect de 4 patients en fin de vie au cours des 5 derniers mois. Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction d'exercer.
L'urgentiste a reconnu leur avoir injecté un cocktail létal pour abréger leurs souffrances, un acte commis "face à sa conscience pour abréger les souffrances de personnes qui allaient décéder dans les minutes suivantes" a expliqué son avocat, qui précise que les familles des malades avaient été prévenues.
Pour le procureur-adjoint en revanche, "il s'agit d'actes d'une extrême gravité et totalement prohibés par la loi".
En France, la loi Leonetti de 2005 encadre strictement l'aide la fin de vie, ou euthanasie "passive". Elle permet aux médecins d'interrompre un traitement et d'administrer des anti-douleurs même à haute dose pour abréger les souffrances d'un malade, après son consentement et celui de sa famille.
Mais administrer un cocktail de produits mortels en dehors de ce cadre très strict est toujours considéré comme un empoisonnement prémédité, donc un assassinat.
Le président de l'Association des médecins urgentistes de France, Patrick Pelloux, rappelle que "la médecine n'est pas au-dessus des lois".
Le débat sur l'euthanasie reste vif en France. En janvier, une proposition de loi permettant une forme de suicide assisté pour les malades en fin de vie a été adoptée par la Commission des affaires sociales du Sénat, mais elle n'est pas allée plus loin. Le Premier ministre François Fillon avait alors lui-même pris position contre une légalisation de l'"euthanasie active".
Stéphane Renotte
DioraNews (DioraNews)