Un bâtiment détuit par un incendie à Croydon, dans le sud de Londres
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Les images des violences au Royaume-Uni tournent en boucle à la télévision. Edifices brûlés, magasins pillés, affrontements en plein jour... Depuis le week-end dernier, plus de 560 personnes ont été arrêtées et 110 policiers au moins ont été blessés à Londres.
Tout est parti de la mort d'un jeune homme, Mark Duggan, tué samedi lors d'un coup de filet de la police à Tottenham, un quartier défavorisé de la capitale. Il est présenté tour à tour comme une figure du grand banditisme ou un bon père de famille respecté au sein de la communauté noire.
Mardi soir, pour la quatrième nuit consécutive, le pays s'est embrasé après une journée de relative accalmie. A Londres, de nombreux magasins gardent leur rideau de fer baissé, dans les banlieues populaires (Hackney, Croydon), mais aussi les quartiers chic comme Notting Hill et Clapham.
Plusieurs pays, dont la France, recommandent à leurs ressortissants de se tenir éloignés des attroupements et d'être très prudents s'ils sortent le soir. Les émeutes se propagent à travers l'Angleterre: Bristol, Birmingham, Manchester... Dans cette ville du nord, la police conseille aux habitants du centre-ville de ne pas sortir de chez eux.
Le Premier ministre David Cameron a écourté ses vacances pour tenir une réunion de crise mardi. Il a annoncé que 10.000 policiers supplémentaires (en plus des 6.000 en place) seraient déployés dans la capitale le soir même. "La population ne doit avoir aucun doute sur le fait que nous ferons tout ce qui est nécessaire pour rétablir l'ordre dans les rues et les rendre sûres pour ceux qui respectent la loi", promet-il.
Pourtant de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer l'inertie des forces de l'ordre. "Les émeutiers ont pris le contrôle, la police leur abandonne les rues", titrait le Times hier. La police avoue avoir été dépassée par cette soudaine flambée de violence, rarissime au Royaume-Uni.
En effet, si ces émeutes rappellent celles qui ont secoué la France après la mort de deux jeunes, à Clichy-sous-Bois, en 2005, les deux contextes sont bien différents. Les quartiers anglais en proie aux violences sont beaucoup plus mixtes, moins défavorisés, que les banlieues françaises touchées il y a 6 ans. En outre, les Britanniques ont habituellement des relations cordiales avec leurs "bobbies". En tout cas beaucoup plus paisibles que celles des habitants des banlieues françaises avec la police.
Julie Coste / DioraNews (DioraNews)