Thierry Mariani veut ficher les allocataires sociaux pour lutter contre la fraude
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Il s'agit, selon lui, de lutter contre les "profiteurs du bas". Thierry Mariani a appelé ce week-end dans le Journal du Dimanche à la création d'un fichier des allocataires sociaux. L'actuel ministre des Transports et leader de la Droite populaire veut y recenser toutes les prestations sociales perçues. "Cela permettra de constater les abus", explique-t-il. "Une même personne peut toucher indûment le RSA dans plusieurs départements, car aucun d'entre eux ne croise les dossiers."
Et Xavier Bertrand a manifestement trouvé l'idée excellente. Il annonce la création d'un tel fichier "avant la fin de l'année", car c'est "la meilleure façon de renforcer la lutte contre des fraudes sociales".
Pourtant, ce "fichage" des plus pauvres ne fait pas l'unanimité. Surtout lorsque l'idée émane d'un mouvement situé très à droite de la majorité et qui embarrasse souvent dans les rangs même de l'UMP (avec l'organisation d'apéro saucisson-vin rouge à l'Assemblée, par exemple).
Une attaque assez proche, lancée en mai par Laurent Wauquiez qui dénonçait l'assistanat, "cancer de la société", et proposait de faire travailler bénévolement les bénéficiaires du RSA avait fait un tollé.
Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, a été le premier à réagir ce dimanche, affirmant que: "la Droite populaire, jamais à court d'idées quand il s'agit de porter des mauvais coups aux Français les plus modestes, profite du calme de l'été pour entonner son refrain préféré: 'les pauvres sont des profiteurs'". Il ajoute que cette proposition "a uniquement pour objectif de stigmatiser celles et ceux qui traversent une période difficile dans leur vie".
Enfin, il rappelle que selon le rapport du député UMP Dominique Tian, celui-là même que cite Thierry Mariani comme étant à l'origine de ses propositions, la fraude aux prestations sociales ne se monte qu'à 2 ou 3 milliards sur 60 versés à 11,3 millions d'allocataires. Alors que la fraude aux cotisations sociales et patronales coute, elle, entre 8 et 15,8 milliards.
Thierry Mariani propose d'ailleurs de sévir également contre les "profiteurs du haut"en taxant les "très hauts revenus financiers". Mais il ne veut pas s'attaquer aux entrepreneurs "qui, eux, font progresser le pays".
Caroline Magnan (DioraNews)