Une aile du vol AF447 repêchée.
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Il n'en fallait pas tant pour mettre le feu aux poudres. Les pilotes suspendent leur participation à l'enquête. Les familles des victimes crient au complot. Le gouvernement soutient le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) et les enquêteurs. La polémique enfle dans l'enquête sur le crash du vol d'Air France AF447 du 1er juin 2009.
Le BEA est dans le collimateur des familles et des pilotes après qu'un constat défavorable à Airbus a été expurgé du dernier rapport d'enquête sur l'accident. L'information a été relatée par La Tribune et Les Echos. Les 2 journaux ont révélé qu'une recommandation sur l'alarme de décrochage de l'Airbus avait été retirée du rapport au dernier moment. Le BEA subit du coup un retour de flamme qui pourrait sérieusement affecter la crédibilité de l'organisme.
Les familles crient leur colère. L'enquête est "définitivement discréditée". L'association Entraide et Solidarité AF447 qui représente les familles des 228 victimes du drame est catégorique. "Ce triste épisode jette définitivement le discrédit sur l'investigation technique" et "génère une crise de confiance sans précédent envers les autorités d'enquête", souligne Robert Soulas, président de l'association. "Nous avons maintenant confirmation que les affirmations émanant de la tutelle du BEA étaient non seulement prématurées, dépourvues d'objectivité, partiales et très orientées vers la défense d'Airbus." De son côté, le syndicat français des pilotes de ligne (SNPL) exige des explications sur ces "graves révélations" qui ont "sérieusement entamé" sa confiance envers le BEA et annonce même la suspension de sa participation à la suite de l'enquête.
Le gouvernement tente de faire front. Le ministre des Transports, Thierry Mariani, assure que "ces polémiques jettent le discrédit sur une enquête qui est exemplaire (...). Il y a eu quatre campagnes de recherches dans l'Atlantique pour retrouver l'avion qui ont coûté 30 millions d'euros, ce qui prouve quand même qu'on voulait absolument savoir la vérité", a argumenté le ministre. "Jamais il n'y a eu une enquête aussi transparente : elle a été filmée, s'est déroulée sous le contrôle de la justice, avec des enquêteurs brésiliens, américains, allemands et anglais", conclut le ministre. Il n'empêche que les familles et les pilotes restent très sceptiques. Il en faudra plus pour les convaincre.
Le rapport final du BEA est attendu pour 2012. Dans cette affaire, Airbus et Air France sont mis en examen pour homicides involontaires.
Michel Barisano (DioraNews)