Question du 2 août 2011 Lire la question de ce jour

Le gouvernement doit-il sauver le SAMU social ?

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Même en été, de nombreux sans-abri ont besoin de l'assistance des service d'urgence sociale Même en été, de nombreux sans-abri ont besoin de l'assistance des service d'urgence sociale - © Photo AFP

"Monsieur le président, où sont vos promesses?", c'est l'intitulé d'un texte publié dans Le Nouvel Observateur par des associations et des célébrités alors que les personnels du SAMU social ont participé ce mardi à une grève historique. Dans une trentaine de départements, le 115 était aux abonnés absents pour dénoncer les coupes budgétaires de l'État. Il y a deux semaines, déjà, le président fondateur de l'organisation, le Dr Xavier Emmanuelli, avait claqué la porte avec fracas pour dénoncer cette politique.

Le gouvernement a en effet annoncé une réduction de 3,3% du budget alloué au SAMU social pour 2001. C'est 1,2 milliard d'euros de moins qui risquent de faire cruellement défaut alors que l'hébergement des sans domicile fixe est déjà saturé, en particulier pour les femmes seules et les familles. D'ores et déjà, à Paris, mes centres qui leur étaient réservés ont fermé. Du coup, celles-ci se rabattent sur les urgences des hôpitaux.

Le secrétaire d'État au logement, Benoist Apparu, assure pourtant qu'il n'y a pas de places d'hébergement supprimées et que le budget a même été nettement augmenté depuis 2007 (177 millions d'euros alloués à l'urgence sociale contre 308 en 2011). Mais le gouvernement a choisi de réorienter sa politique vers le concept du "Logement d'abord", qui consiste à préférer accorder aux sans-domiciles un véritable logement à long terme plutôt qu'une chambre d'hôtel en urgence.

Les associations, elles, soulignent deux points: tout d'abord, elles estiment que, pour le moment, les logements ne sont pas suffisants pour remplacer les hébergements manquants. Ensuite, elles affirment que la plupart des personnes en difficulté ne peuvent pas être logées de façon indépendante de façon aussi brusque, sans passer par un sas de resocialisation.

En 2006, Nicolas Sarkozy avait réclamé que "d'ici deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir". Il existe aujourd'hui 115 000 places en hébergement d'urgence, selon le secrétariat d'Etat au Logement. 10 000 de plus sont ouvertes en moyenne chaque hiver. Mais, selon les protestataires, la France compte 3,5 millions de mal-logés et plus de 100 000 personnes vivent dans la rue "ou passent de foyers en chambres d'hôtel."

Caroline Magnan (DioraNews)
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