Nafissatou Diallo a tenu une conférence de presse pour remercier tous ses soutiens
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C'est une véritable offensive médiatique qu'a lancée cette semaine la femme de chambre qui accuse DSK de crimes sexuels, et son avocat. Alors qu'elle était restée invisible durant deux mois et demi, elle a accordé en quelques jours une interview à l'hebdomadaire Newsweek, une autre à la chaîne de TV ABC, qui a été très très largement diffusée, et enfin une conférence de presse très orchestrée.
Entourée de "tous ses soutiens", les représentants du centre communautaire chrétien dans laquelle se tenait le meeting, de représentants de la communauté guinéenne, des noirs américains et de ses avocats, la femme de chambre a raconté aux journalistes qu'elle "pleurait tous les jours". Puis elle a relaté avec émotion un dialogue qu'elle a eu avec sa fille. Celle-ci lui aurait demandé d'arrêter de pleurer car "tous les gens qui te connaissent disent beaucoup de bien de toi" et que "tu dois être forte pour moi". "Beaucoup de choses que l'on dit sur moi ne sont pas vraies", a-t-elle assuré, se défendant des accusations de mensonge et de prostitution qui ont paru dans la presse. Elle a également affirmé "je ne veux pas que ce qui m'est arrivé arrive à d'autres femmes". Sur ABC, Nafissatou Diallo a également raconté en détails l'agression dont elle dit avoir été victime.
Surtout, son avocat a précisé quelques points. Il a nié que la femme de chambre ait jamais prononcé les mots "cet homme a beaucoup d'argent, je sais ce que je fais", qui lui avaient été prêtés. Il a également estimé qu'à partir du moment où un grand jury avait fait confiance à Nafissatou Diallo et décidé de poursuivre DSk, le procureur ne pouvait pas abandonner les poursuites comme le réclame la défense.
Le côté très mis en scène de l'attaque médiatique de la semaine soulève d'ailleurs quelques questions. Il est évident qu'elle a été lancée pour convaincre le procureur de New York, qui est élu, qu'une grande partie de la population noire de New York soutient Nafissatou Diallo et sera très mécontente si les poursuites sont abandonnées. De là à questionner les motivations de l'accusatrice, il n'y a qu'un pas que certains n'ont pas hésité à franchir. Le procureur, lui, a décidé de se donner plus de temps pour réentendre la femme de chambre. L'audience prévue le 1er aout a été reportée au 23.