François Fillon et Eva Joly.
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On savait que la proposition d'Eva Joly ferait l'effet d'une bombe, mais à ce point-là... La classe politique est sens dessus dessous depuis jeudi soir. La toute fraîche candidate des Verts, en proposant de supprimer le défilé du 14 juillet s'est attirée les foudres des plus grands responsables de l'hexagone. Le Premier ministre lui-même s'est ému de cette proposition. Et sa réponse est plutôt cinglante.
François Fillon n'y a pas été de main morte. Affichant sa "tristesse", il a estimé que "cette dame (Eva Joly) n'a pas une culture très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l'histoire française". Un peu plus tôt, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, avait qualifié de "pathétique" et même d'"insulte" sa suggestion, tandis que le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, la jugeait "choquante". Quant à Marine Le Pen, elle a critiqué une "incompréhension" du "lien extrêmement profond qui existe entre le peuple français et son armée (...) Dans le défilé citoyen de Mme Joly, il y aura des stands pour fumer le chichon (haschisch) aussi ?" a-t-elle ironisé.
Une fois le choc des mots passé, Eva Joly est sortie de sa réserve. "Moi je ne descends pas de mon drakkar ! Ca fait cinquante ans que je vis en France et donc je suis Française" a répliqué la nouvelle candidate des Verts à François Fillon, affimant avoir, vu son âge (67 ans), "vécu en France sûrement plus longtemps que lui" et assurant ne pas être anti-militariste. Daniel Cohn-Bendit, pourtant jamais très tendre avec Eva Joly, est venu à son secours en déclarant que François Fillon "déraille", Eva "a raison". A gauche, même si la proposition de supprimer le défilé ne réjouit pas grand monde, on s'est unanimement insurgé contre les propos de François Fillon. C'est "indigne d'un Premier ministre" a estimé Harlem Désir, premier secrétaire par intérim du PS, accusant ce dernier de se faire "le porte-parole et le champion d'une droite lepéno-compatible". "C'est insupportable, c'est de la xénophobie à l'état pur!", s'est indigné Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche pour 2012. Ambiance...
On croyait les vacances arrivées pour nos chers politiques, et avec elles, la détente et la décompression. Il faudra attendre...