Désignée candidate d'EELV en 2012, Eva Joly a promis de représenter "la France qui relève la tête"
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Elle a déjoué tous les pronostics qui, il y a seulement quelque mois, lui laissaient peu de chances. Eva Joly est en route pour la présidentielle. Les militants et sympathisants écologistes l'ont nettement préférée à tous ses adversaires pour représenter Europe Ecologie-Les Verts. Elle a récolté 58,16% des voix au second tour, devançant Nicolas Hulot qui, sur le papier, semblait pourtant le plus populaire.
Avant la primaire, l'ex-juge était en effet décrite comme trop rigide et trop neuve en politique. Sans compter son accent norvégien qui, malgré ses près de 50 ans de vie en France, en faisait toujours une bizarrerie dans la course à l'Elysée: la première prétendante binationale.
Mais Eva Joly ne s'est jamais avouée vaincue. La campagne s'est d'ailleurs faite sans tendresse. Eva Joly a défendu son "écologie de combat" face à un Nicolas Hulot qui se voulait plus consensuel, mais qui s'est retrouvé pris en faute sur ses anciens employeurs ou partenaires à la télévision, sur son engagement tardif contre le nucléaire ou sur ses anciennes amitiés de droite. Les plus intégristes d'EELV lui ont même récemment lancé des épluchures, ce qui augurait mal de son élection.
Favori des sondages, Nicolas Hulot ne l'était donc pas des écologistes. Ceux-ci ont préféré Eva Joly qui devra désormais relever un nouveau défi: faire mieux que Noël Mamère et ses 5,25% de 2002. Mais la nouvelle candidate n'en est plus à un défi près. Celle qui est arrivée en France à 21 ans, en tant que fille au pair, a déjà remporté bien des combats. Du plus anecdotique (sa troisième place au concours de Miss Norvège en 1961) au plus notable (l'enquête sur l'affaire Elf) en passant par le plus privé (son mariage en 1967, contre l'avis de sa belle-famille).
Aujourd'hui, Eva Joly promet de "représenter la France qui relève la tête", celle qui "place l'intérêt général au-dessus des profits", qui "n'accepte pas les discriminations et les ghettos" et de faire de son accent, "la marque du rayonnement de la France et sa culture dans le monde entier".