"Comme j'ai des témoignages, je peux porter plainte contre ceux qui ont diffusé les rumeurs", assure Martine Aubry
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Martine Aubry hausse le ton et envisage de porter plainte, après des rumeurs sur sa santé et son mari qu'elle attribue à la droite. Cette menace a été accueillie dimanche à l'UMP comme une "nouvelle entourloupe" socialiste, à neuf mois de la présidentielle. Dans l'un et l'autre camp, chacun a affirmé sa volonté d'éviter une campagne caniveau et les "boules puantes", à l'instar de Xavier Bertrand.
"La campagne qui s'ouvrira pour la présidentielle devra être une campagne d'un bon niveau", a déclaré le ministre du Travail sur Radio J, en conseillant à la maire de Lille de "rester sur le terrain juridique". Xavier Bertrand a également demandé aux socialistes de balayer devant leurs portes. "Je veux bien tout ce que l'on veut mais pas de recevoir des leçons. Quand Mme Aubry, dans un discours, comparaît le président de la République à M. Madoff, c'était d'une indécence sans pareil. Quand il y a eu des attaques sans précédent contre la personne d'Eric Woerth, c'était pareil".
En visite à Turin vendredi, Martine Aubry avait mis les pieds dans le plat, en évoquant devant la presse des rumeurs concernant son mari, l'avocat Jean-Louis Brochen, présenté sur des sites internet comme islamiste. Mais aussi sur elle: son alcoolisme présumé, sa prétendue tumeur au cerveau ou son imaginaire homosexualité. La candidate à la primaire socialiste a prévenu qu'elle porterait plainte si les sites concernés ne retiraient pas ces allégations.
De son côté, Jean-François Copé s'est fait cinglant. Le secrétaire général de l'UMP a dénoncé "une nouvelle entourloupe des socialistes pour gagner du temps", après les accusations de "complot" contre Dominique Strauss-Kahn organisé par l'UMP, lancées par plusieurs socialistes. Et de réfuter vivement que le parti présidentiel ait une quelconque responsabilité dans les rumeurs circulant sur internet contre l'ex-Premier secrétaire du PS. Sur la même ligne, Nadine Morano a clamé dans le JDD l'innocence de l'UMP dans cette affaire de rumeurs. "L'UMP ne salit pas", a renchéri la ministre, soulignant qu'"un torrent de saloperies est déversé depuis le début du quinquennat sur Nicolas Sarkozy". Pour elle, Martine Aubry est entrée "dans une stratégie de victimisation".
La maire de Lille a reçu dimanche le soutien d'Arnaud Montebourg, qui lui a exprimé sur Europe 1 sa "solidarité totale". Et également celui de Pierre Moscovici, soutien de François Hollande, qui a estimé dans Le Parisien qu'elle avait "raison de ne pas se laisser faire". Enfin, Dominique de Villepin a qualifié de "scandaleuses" ces rumeurs, "d'où qu'elles viennent". De plus, l'ex-Premier ministre a estimé que "l'affaire de New York", une "épreuve humaine" pour DSK, "pèse trop lourd sur la vie politique française".