Le nombre de fumeurs est en augmentation en France (passant de 28 à 30% en 5 ans)
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"Il n'en est pas question" a affirmé mercredi Xavier Bertrand. C'est pourtant le ministère de la Justice qui avait lancé l'idée, mais elle a suscité l'ire des associations antitabac et le veto du ministre de la Santé. Le projet de loi, approuvé par l'Asemblée, prévoyait une baisse des amendes pour les personnes ne respectant pas l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Elles seraient passées de 135 à 45 euros.
Cet amendement a pourtant failli passer inaperçu. Il ne constituait en effet qu'un bref passage d'un plus vaste texte visant à désengorger les tribunaux. Braver la loi sur le tabac ne faisait, en effet, avec ce texte, plus l'objet d'une inscription au casier judiciaire et la récidive n'était donc plus aussi sévèrement punie.
Les associations antitabac sont donc immédiatement montées au créneau. "C'est une décision qui vient directement de l'Élysée, sous l'influence du lobby du tabac", a dénoncé le Pr Bertrand Dautzenberg, président de l'Office français contre le tabagisme, qui y voit "le massacre de la loi Evin". "Chaque fois qu’on affaiblit le montant d’une amende, on incite à la transgression", ajoute le tabacologue Claude Got, interrogé sur Europe 1. Les associations dénoncent également un volet de la loi portant sur la publicité sur le tabac. Selon elles, le dispositif permettait en effet de "réintroduire des méthodes de marketing" avec la possibilité, si besoin est, de "négocier avec les pouvoirs publics" pour éviter qu'il y ait procès. "C'est la porte ouverte à ce qu'il y ait de nouveau de la publicité dans les cafés-tabacs et du sponsoring de gros événements", estime Clémence Cagnat-Lardeau, directrice de l'Allliance contre le tabac.
Des arguments que les sénateurs semblent partager puisque le texte a été rejeté en Commission mixte paritaire. Et "si le texte revenait, je demanderais une modification", affirme Xavier Bertrand qui assure n'avoir aucune intention de signer un texte en ce sens à un quelconque moment. "Soyons sérieux, on ne va pas se mettre à négocier le montant d'une amende de 68 euros", ajoute le ministre.