Dominique Strauss-Kahn lors de sa sortie du tribunal vendredi.
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Plus personne n'osait y croire. Droite et gauche le pensaient perdu pour la politique et puis, et puis... Dans la nuit de jeudi à vendredi, coup de tonnerre: les accusations contre l'ancien patron du FMI seraient sur le point de s'effondrer. Le procureur de New York demande sur le champ une audience au juge.Un rendez-vous qui va totalement inverser la donne.
En fin de journée, DSK apparait souriant en compagnie d'Anne Sinclair à la sortie du tribunal. La justice américaine a décidé de le libérer sur parole et de lui rendre sa caution. Les poursuites à son encontre sont maintenues, et son passeport ne lui est pas restitué. Mais l'avancée est énorme.
Soulagement et prudence au PS. "Je crois que ce soir, la vérité progresse, avance aux Etats-Unis (...), mais je voudrais qu'elle avance encore plus vite", a déclaré depuis Lille Martine Aubry. François Hollande, qui a fait alliance avec certains strauss-kahniens, comme Pierre Moscovici, a mis les pieds dans le plat: il s'est dit ouvert à un report de la date de clôture des candidatures, fixée au 13 juillet à minuit, "à la fin juillet, voire fin août". Ce qui permettrait à DSK, dont le prochain rendez-vous judiciaire est fixée au 18 juillet, d'éventuellement se présenter. Arnaud Montebourg a salué une "nouvelle importante pour lui et sa famille", jugeant cependant que les socialistes n'ont "aucune raison de changer les modalités et le calendrier" des "primaires citoyennes".
Le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis exprime "sa joie pour ce couple d'amis qui sort debout de ce torrent de boue". Pour Michèle Sabban, autre strauss-kahnienne, "c'est un grand espoir qui a éclairci le ciel de New York".
A droite, on marche sur des oeufs... A l'UMP, "Jean-François Copé tient à observer la plus grande retenue, et se tiendra à cette ligne" a indiqué son entourage. Un peu plus tôt dans la journée, le Premier ministre François Fillon a jugé qu'il fallait "attendre sereinement que la justice américaine fasse son travail". Un des rares à réagir à droite, Jean-Louis Borloo a d'ores et déjà estimé que rien n'empêchait DSK de "revenir s'il en a la force, s'il en a l'envie". Enfin, Bernard Debré a concédé avoir été "trop vite" dans sa violente condamnation de DSK il y a six semaines.
Reste que, même si la question semble prématurée, personne ne peut éviter de penser à un possible retour en politique de l'ancien patron du FMI. Où ? Quand ? Sous quelle forme ? Les questions sont nombreuses... Il faudra d'abord qu'il soit blanchi de l'autre côté de l'Atlantique avant de pouvoir prétendre à quoi que ce soit en France. Le chemin est encore long.
Michel Barisano (DioraNews)