Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier jeudi dans les locaux de France Télévisions.
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Ils ont tenu à mettre les points sur les i et très vite. A peine rentrés, les otages ont dû s'expliquer sur les prises de risques des reporters de guerre. Et notamment la leur.
Flasback : décembre 2009. Peu après la prise d'otages d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée, avait dénoncé l'"imprudence vraiment coupable" dont ils auraient fait preuve et "le scoop (...) recherché à tout prix".Un mois après, le chef d'état-major des armées, le général Georgelin, avait ravivé la polémique en déplorant le coût important des opérations menées pour les recherches: "10 millions d'euros".
Journalistes, Syndicats et organisations professionnelles se sont raidis et ont fustigé une "méconnaissance totale du métier" tout en rajoutant qu'avec de tels raisonnements, "aucune guerre de ces dernières années, à commencer par le Liban, l'Irak, la Géorgie, Gaza et aujourd'hui l'Afghanistan" n'aurait été couverte.
Quelque 500 jours plus tard, les 2 ex-otages n'ont pas laissé passer l'occasion de s'expliquer et de régler quelques comptes.
Ils ont attendu d'être chez eux, dans leur maison, à France Télévisions, pour mettre les choses au clair. Et devant plusieurs centaines de personnes qui s'étaient rassemblées dans le grand hall pour les accueillir, le ton s'est fait plus ferme. "On a juste fait notre boulot de journaliste" a expliqué Hervé Ghesquière avant d'enchaîner "Parfois on a de la chance, parfois on en a moins. On n'a pas eu de chance (...) . J'ai entendu sur des chaînes de télévision, des analystes et d'anciens reporters de terrain qui ont dit : "l'armée française les avait bien prévenus, ils allaient au-devant de graves problèmes, de graves périls". C'est absolument faux ! Personne ne nous a rien dit. Que cela soit clair", a déclaré le journaliste de France 3. "Je ne sais pas d'où cela vient. Nous ne sommes pas allés affronter la face nord de l'Everest en tongs, loin de là ! On n'a pas pris des risques inconsidérés comme cela a pu être dit".
Michel Barisano (DioraNews)