Martine Aubry, candidate par envie ou par devoir ?
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C'est la fin d'un faux suspense. La première secrétaire du PS s'est officiellement lancée dans la course, mardi depuis son fief de Lille. "J'ai décidé de proposer ma candidature à l'élection présidentielle", a-t-elle déclaré, solennelle et visiblement émue. Martine Aubry compte "rendre à la France sa force, sa sérénité, son unité". La 'dame des 35 heures' n'oublie pas de décrocher quelques piques à Nicolas Sarkozy, sans le nommer. Elle évoque un pays qui "subit de grands désordres", un "pouvoir enfermé dans ses certitudes".
Mais, avant de se frotter à la droite, la candidate devra vaincre les réticences à gauche. Les jeux ne sont pas faits. Martine Aubry a face à elle François Hollande, favori des sondages, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Manuel Valls. Et elle passe pour la moins motivée d'entre eux. Nombre de socialistes s'interrogent sur son réel désir d'y aller. La première secrétaire serait plutôt mue par le devoir, après la défection de Dominique Strauss-Kahn.
Elle ne ménage pas sa peine pour dissiper cet a priori. Mardi, dans son allocution, le "je" a remplacé le "nous": "Je prends l'engagement de la victoire en 2012". "Je suis enthousiaste à l'idée d'aller à votre rencontre"...
Les soutiens de Martine Aubry assurent aussi qu'elle est motivée. Pierre Mauroy explique: "Elle avait décidé depuis longtemps déjà d'être candidate... Elle s'est mise dans la tête de l'être et elle l'est pleinement. Aujourd'hui elle le démontre", assure son prédécesseur à la mairie de Lille, venu l'applaudir au Centre culturel de la gare Saint-Sauveur.
Le mari de la candidate, Jean-Louis Brochen, vante également sa "détermination". "C'était un choix politique difficile à prendre", justifie-t-il.
Les électeurs diront s'ils sont convaincus lors de la primaire socialiste des 9 et 19 octobre.
Julie Coste (DioraNews)