Un examinateur parmi les élèves de terminale lors de l'épreuve de philosophie.
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La polémique n'en finit pas et la question devient incontournable: le bac a-t-il vécu ? Vu la tournure des évènements, il se pourrait que ce dernier change de forme, et bien plus vite que prévu. Et les fraudes semblent se multiplier. Luc Chatel ne pourra pas éluder la question d'une réforme en profondeur, voire d'un changement radical. Parents et syndicats poussent en ce sens. En attendant, deux jeunes ont été placés en garde à vue après les fuites dénoncées.
Personne n'aurait pensé que le baccalauréat 2011 provoque une telle déflagration en France. Et l'affaire est loin d'être terminée. Elle prend même une nouvelle tournure avec l'arrestation de deux jeunes qui ont été immédiatement placés en garde à vue. Selon certains médias, il s'agirait de deux frères... Ils ont été entendus à Paris par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne, après une plainte de Luc Chatel pour "fraude aux examens", "recel et abus de confiance". Et les policiers ne s'en cachent pas, ils souhaitent aller très vite. Mais la machine à fraude semble s'être enclenchée et il sera maintenant difficile de la stopper. Jeudi soir, une nouvelle rumeur se propage de part et d'autre : après les maths, la physique et l'anglais, la SVT serait touchée par des fuites !
Faut-il opérer une révolution ? Philippe Tournier, proviseur dans un lycée à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), estime nécessaire et urgent de trouver d'autres manières de passer le bac. Et sa proposition est simple : il faut avoir recours au contrôle continu, répandu dans beaucoup de pays. Secrétaire général du syndicat des personnels de direction de l'Education nationale, Philippe Tournier estime que "le bac sous sa forme traditionnelle, on ne sait plus très bien ce qu'on évalue, on ne sait pas très bien la valeur de son résultat final et maintenant il y a un doute sur sa moralité, et tout ça après avoir dépensé des millions d'euros et bloqué le fonctionnement des établissements pendant un mois".
"Je ne sais pas s'il faut revoir complètement le bac", a estimé pour sa part Christian Chevalier sur Europe 1. Pour le secrétaire général du syndicat Unsa, "la réflexion est aujourd'hui sur la table et je pense qu'il faut réfléchir à une nouvelle organisation du bac, mais on sait que dans ce pays c'est un sujet délicat", conclut-il.
Philippe Meirieu, spécialiste en sciences de l'éducation, souhaite simplement le réformer en conservant son aspect rituel mais en instaurant des unités capitalisables tout au long du lycée. Mais "la fraude au bac, c'est comme le dopage dans le Tour de France. Les tricheurs auront toujours un temps d'avance (...), déplore Philippe Meirieu, qui ajoute que le "bac est un examen qui est arrivé quasiment à un point de rupture. La montée des nouvelles technologies est telle qu'on ne sait pas comment on pourra lutter contre les fraudes".
Luc Chatel assure avoir entendu les demandes des uns et des autres (organisations lycéennes, parents d'élèves...) de réorganiser le bac. Le ministre explique avoir "demandé à l'inspection générale de l'administration de l'Education nationale de travailler sur l'organisation et sur la sécurisation des épreuves".
Michel Barisano (DioraNews)