Coluche annonce sa candidature à l'élection présidentielle, le 31 octobre 1980 au théâtre du Gymnase-Marie Bell
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"C'est l'histoire d’un mec..." Le 19 juin 1986 sur une petite route des Alpes-Maritimes, un camion de 38 tonnes fauchait la vie de l'humoriste à grande gueule et surtout au grand coeur. Vingt-cinq ans après, sa popularité est intacte, que perpétuent chaque hiver les "Restos du Coeur", inventés pour une saison en 1985. L'hiver dernier, l'association a distribué quelque 107 millions de repas.
Disparu à 41 ans, Coluche ou de son vrai nom Michel Gérard Joseph Colucci, est devenu une institution, statut impensable de son vivant qui lui vaut aujourd'hui une statue en bronze grandeur nature plantée mardi dans la ville de son enfance, Montrouge. Bouffon grossier à l'esprit pétomane et roteur, Coluche dépassait souvent les bornes et visait juste. Sa salopette à rayures, son tee-shirt jaune et son nez rouge sont ancrés dans notre mémoire collective.
"Je suis capable du pire comme du meilleur. Mais dans le pire, c'est moi le meilleur", disait-il, rappelle aujourd'hui Maryse Gildas, sa complice sur Europe 1, chargée par la station d'empêcher les dérapages pendant "Y'en aura pour tout le monde", émission qui passait en direct."Il fallait y aller doucement, le laisser faire sans que ça déborde. Ma chance, c'est qu'il m'avait acceptée au premier coup d'oeil", confie l'animatrice qui l'accompagna en 1985-86. "Ma poule", comme il l'appelait affectueusement, l'avait prévenu: elle déteste les blagues scato. "Alors il m'a donné un genre de poire pour faire 'pouët pouët' dès qu'il passait les bornes. Je m'en servais peu, mais juste dans son oreille".
Coluche, à l'époque, rentrait de Guadeloupe et revenait de loin: depuis la fin de la campagne présidentielle (les sondages le créditaient de plus de 16% d'intentions de vote), exilé dans son paradis aux caraïbes, il en avait croisé d'autres, franchement artificiels. L'amuseur était devenu accro à la cocaïne. Le "Dictionnaire Coluche" qui vient de paraître aux éditions Balland évoque à "Drogues" sa curiosité sans borne pour le sujet: "J'ai tout essayé: le hasch, l'héroïne... j'ai même goûté au Martini" annonçait-il en direct à la télé dans "Le Jeu de la Vérité".
"En 1985, il en était sorti", reprend Maryse, qui dépeint un Coluche en mal d'amour et de tendresse, qui revenait pour se faire aimer. "Il m'a demandé de l'appeler Mimi-le-Gentil, il avait des projets de films, un Zénith en vue songeait au théâtre...". Sa dernière émission, en 1986, il l'avait enregistrée fin avril avant de partir en vacances: c'était la première d'une série estivale confiée à Maryse, "Dimanche chez vous", pour laquelle il l'avait reçue chez lui, rue Gazan à Paris.
La dernière question qu'elle lui pose alors est: "Comment voudrais-tu mourir? - Le plus tard possible et avec mon ukulélé", répond-il. L'émission fut diffusée début juillet et le ukulélé enterré avec Coluche.