Avec la nouvelle alerte à l'E.coli, certains consommateurs délaissent la viande en grande surface
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Un drame sanitaire après l'autre, les quelques semaines qui viennent de passer ont fait passer sur nos garde-mangers une ombre inquiétante. Inquiétés à tort sur les dangers des crudités, les consommateurs ont ensuite appris que c'était des graines germées bio, qui avaient entraîné la mort de 38 personnes en Europe et des centaines de contaminations. L'agriculture biologique, refuse habituel en cas de crainte a donc perdu de son aura.
Et aujourd'hui, ce sont les steaks hachés qui sont accusés d'avoir rendu plusieurs enfants malades. Des dizaines de milliers de steaks provenant du lot contaminé ont été vendus dans toute la moitié nord du pays, dont 15 000 auraient transité par Rungis. Les clients des Lidl pourraient donc ne pas être les seuls touchés. De plus, ces steaks hachés, surgelés, sont susceptibles de rester des mois dans les congélateurs de familles qui n'auraient pas vérifié et pourraient tomber malades beaucoup plus tard. Le ministre de la Santé a donc tiré la sonnette d'alarme, et invité tout le monde à rapporter les produits de la marque Steaks Country dans les magasins. Même l'Italie, inquiète, a fait saisir 5 tonnes de viande sur une plate-forme logistique de Lidl.
Mais, survenant peu après l'épidémie allemande, cette nouvelle affaire trouble les consommateurs. Que manger pour éviter les diarrhées sanglantes provoquées par la bactérie E.coli. Bien sûr, en réalité, à part les très rares aliments qui ont été identifiés, le reste des produits est toujours parfaitement consommable. Mais le doute plane et, d'ores et déjà, les bouchers artisanaux ont vu leurs ventes grimper en flèche, les acheteurs préférant se fournir dans de petits commerces, jugés plus "sûrs" que la grande distribution.
Victimes d'un de ces vents de panique, les maraîchers savent qu'il faudra du temps pour regagner la confiance de leurs clients. Ce samedi, ils organisent d'ailleurs à Paris une vaste distribution de concombres et de tomates pour inverser la tendance.
Caroline Magnan (DioraNews)