Les Françaises passent 1h40 par jour en moyenne à s'occuper de leurs enfants contre 42 minutes pour les pères, selon l'OCDE
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Permettre aux jeunes pères de mieux accueillir leur nouveau-né. C'est ce que prône un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), qui a été remis mardi à la ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot. Il propose la création d'un congé paternité facultatif d'un mois. Une façon également de mieux répartir les tâches familiales afin de rétablir l'équilibre dans les carrières professionnelles.
Pour Brigitte Grésy, membre de l'Igas, "l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, et, dans son sillage, l'égalité sociale, ne peut être atteinte tant qu'il y aura inégal partage des responsabilités domestiques et familiales". Si deux tiers des pères prennent actuellement un congé paternité (11 jours), ils sont "invisibles" dans les autres congés liés aux enfants (congé parental, enfant malade, soutien familial, etc.).
L'Igas explique notamment que les hommes "craignent une stigmatisation ou une réprobation de leurs supérieurs hiérarchiques ou de leurs pairs", s'ils demandent des congés liés à la famille ou du temps partiel. Du coup, ils s'impliquent moins dans l'éducation des enfants et les tâches ménagères, qui restent largement l'apanage des femmes. Les Françaises passent une heure quarante par jour en moyenne à s'occuper de leurs enfants contre 42 minutes pour les pères, selon une étude de l'OCDE publiée en 2011.
Avec ses propositions, Brigitte Grésy veut "rendre ses lettres de noblesse à la parentalité tout au long de la vie". Le rapport propose donc de créer un "congé d'accueil de l'enfant" de deux mois, réparti à égalité entre la mère et le père, et à prendre immédiatement après le congé maternité. Le congé de la mère serait découpé entre douze semaines de congé maternité et un mois de "congé d'accueil", soit seize semaines, comme le congé maternité actuel. Quant au père, il bénéficierait d'un mois de "congé d'accueil". Ce nouveau système entraînerait un surcoût de 250 millions d'euros.
Pour inciter les pères à prendre ce congé, la durée du congé de chaque parent ne serait pas transférable à l'autre : si un seul prend son mois de congé, la durée restante est perdue. Et si le père prend entièrement son congé, les parents bénéficient d'un "bonus" d'une semaine. L'Igas rejette en revanche l'idée d'un congé paternité obligatoire.
Le rapport propose enfin un congé parental plus court (un an maximum au lieu de trois) pour ne pas éloigner trop longtemps les femmes du travail, et mieux rémunéré (60% du salaire brut plafonné contre un forfait allant de 140 à 550 euros par mois environ aujourd'hui), pour inciter les pères à le prendre. Ils ne sont que 4% aujourd'hui. Véritable serpent de mer, cette réforme du congé parental, pourtant voulue par Nicolas Sarkozy, avait été provisoirement enterrée l'an dernier.