L'ancien ministre de l'Education Luc Ferry
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Sa déclaration a fait l'effet d'une bombe. Les propos de Luc Ferry à la télévision lundi soir ne vont pas rester lettre morte. La justice a même décidé de lancer une enquête préliminaire. Il faut dire que la classe politique est sens dessus dessous. Droite et gauche sont abasourdies. Et ceux qui réagissent encore redoutent le pire : le grand déballage.
Lundi soir, Canal+. Le philosophe est l'invité du Grand Journal de Michel Denisot. La discussion tourne autour de l'affaire DSK et de la sexualité des hommes politiques quand soudain, l'ex-ministre affirme sans donner de nom, qu'un "ancien ministre" s'était "fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons", assurant tenir cela des "plus hautes autorités de l'Etat" et notamment d'un Premier ministre. Stupeur sur le plateau. Le journaliste Ali Baddou lui demande alors sur le champ de livrer un nom. Refus catégorique de Luc Ferry qui pense que l'affaire va s'arrêter là.
Seulement voilà, dans un contexte très difficile actuellement, noyé dans les affaires DSK et Georges Tron, le rouleau compresseur médiatique se met en route, forçant le système politique à intervenir.
Un brin agacé, Alain Juppé mercredi matin sur France Info n'a pas mâché ses mots : "Si M. Luc Ferry a la preuve qu'il y a eu un comportement délictueux ou criminel (...), que M. Ferry saisisse la justice (...). Si on a la conviction qu'il y a eu un délit, voire un crime, on saisit la justice et on ne va pas simplement bavasser dans la presse".
Le porte-parole du gouvernement François Baroin a jugé "surprenants" les propos de Luc Ferry. "Soit il est détenteur favorisé d'informations qui s'appuient sur des faits, et dans ce cas il a le devoir de saisir la justice, soit il rapporte des propos qu'il a entendus dans les couloirs et, dans ce cas-là, il n'est plus le philosophe de la rumeur, mais il en devient un acteur essentiel".
Plus dure encore, l'ex-garde des Sceaux Rachida Dati considère que de telles déclarations relèvent "juridiquement" de "la non-dénonciation de crime".
A gauche, seul le PCF a réagi, reprochant à Luc Ferry d'en avoir "dit trop ou pas assez" et de "nourrir un climat délétère".
Même au plus haut sommet de l'Etat on s'inquiète. Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Elysée dénonce un climat "détestable". Il redoute "un grand déballage" qui finira "par sombrer dans l'ordre moral". "Je suis navré par ce climat (...) tellement lourd et tellement détestable (...). On a le sentiment qu'on a enlevé un couvercle et que le grand déballage s'annonce".
S'il a lieu, le tremblement de terre politique ne sera alors pas loin. Le Front national se tenant aux aguets. A l'approche de 2012, les enjeux vont être énormes pour les uns et les autres.
Michel Barisano (DioraNews)