Les élèves français ont aujourd'hui les journées les plus longues de l'Europe
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Bientôt la fin des grandes vacances ? C'est l'une des pistes sur lesquelles planchent sérieusement les experts des rythmes scolaires. Les vacances d'été pourraient diminuer de 15 jours, selon le rapport du comité de pilotage sur les rythmes. Les vacances de printemps diminueraient également de 3 jours (les vacances de la Toussaint gagneraient, elles, 2 jours et le pont de l'Ascension serait généralisé). Au total, les élèves travailleraient donc 2 semaines de plus. Finis les longs mois de juillet et août passés loin de sa classe et de ses professeurs.
Pourtant, contrairement à ce que l'on pourrait penser, le but est d'alléger le rythme scolaire des enfants. Il faut dire que, depuis 2008 et la réforme Darcos (instituant le passage généralisé à la semaine de 4 jours), les petits Français sont les élèves ayant les plus lourdes journées de toute l'Union européenne. Les élèves en difficulté sont encore plus mal lotis avec leurs deux heures par semaine d'"aide personnalisée". Les experts veulent donc alléger les journées. En les multipliant. La semaine de quatre jours devrait donc très vite être enterrée. Le comité de pilotage sur les rythmes scolaires, installé par Luc Chatel en juin 2010, devrait proposer le retour de la demi-journée supplémentaire. Ce sera au niveau local de décider si les enfants retourneront en cours le mercredi matin ou bien le samedi matin.
Mais les journées complètes seraient raccourcies. Elles seraient plafonnées à 5h de cours en primaire, en 6e et en 5e. Et à 6h en 4e et en 3e. À ces horaires s'ajouteraient 2h d'accompagnement éducatif obligatoire qui permettraient aux élèves de ne plus avoir de devoirs à faire à la maison. Enfin, la pause déjeuner durerait au moins 1h30.
C'est fin juin que Luc Chatel devra trancher, mais, déjà, de nombreuses interrogations s'élèvent. D'abord, le retour éventuel des cours le samedi matin va mécontenter certains parents qui verront leurs week-ends amputés. L'absentéisme pourrait alors resurgir. C'est ce même absentéisme que craignent les enseignants en cas de vacances d'été raccourcies. Notamment pour les parents dont l'entreprise ferme pendant l'été, ou pour ceux qui, issus de l'immigration, profitent de ce grand break pour retourner dans leur pays d'origine.
Le comité réfléchirait également à créer un découpage des vacances d'été par zones. Les professionnels du tourisme soutiennent cette hypothèse qui permettrait de faire baisser les tarifs des vacances et de les rendre accessibles au plus grand nombre. On évoque aussi une "moindre pollution" et "une amélioration de la sécurité routière". Mais les familles recomposées ou tout simplement les cousins qui vivent éloignés y voient une menace pour leurs vacances en commun. Il sera également plus difficile d'organiser certains examens nationaux.
Enfin, la nouvelle organisation esquissée par le rapport du comité ne convainc pas certains professeurs pour qui "on allonge de fait la journée, même si ce n'est pas en classe, et on ne parle pas des programmes". Sans compter que les professeurs, eux, passent déjà une partie de l'été à corriger des copies d'examens ou à préparer leurs cours de l'année suivante et qu'ils aimeraient donc conserver leurs vacances.