Georges Tron était entré au gouvernement en mars 2010
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Dans un contexte lourd, Georges Tron a démissionné dimanche de ses fonctions de secrétaire d'Etat de la fonction publique. Une décision dont a "pris acte" François Fillon. Dans sa lettre, l'ancien secrétaire d'Etat se défend des "accusations vindicatives" portées contre lui. François Baroin, son ministre de tutelle, reprend ses attributions.
Alors que la classe politique est déjà ébranlée par le scandale Dominique Strauss-Kahn, Georges Tron est visé par une enquête judiciaire après des accusations d'agression sexuelle et de viol portées par deux anciennes employées de Draveil, dans l'Essonne. Ville dont il est maire depuis 1995. Cet ex-villepiniste, entré au gouvernement en mars 2010, a assuré dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy qu'en sa "qualité de simple citoyen", il ferait "une affaire personnelle de faire reconnaître (son) innocence". Il précise qu'il continuera à exercer ses mandats de député-maire de Draveil.
Son entourage avait annoncé dès dimanche matin qu'il quitterait ses fonctions "sans délai", si une demande en ce sens était formulée par Matignon ou l'Elysée. Une manière de signifier que l'exécutif lui avait peut-être montré clairement la porte de sortie, ce dernier étant réticent à un départ spontané pour des accusations qu'il nie catégoriquement. L'ex-secrétaire d'Etat n'a d'ailleurs pas encore accès à la procédure et son audition par les enquêteurs n'est pas imminente, selon le parquet d'Evry. En revanche, le JDD a révélé dimanche qu'une troisième victime présumée se serait manifestée et devrait être entendue dans la semaine par les enquêteurs.
"Je pense qu'il a pris la bonne décision", a simplement commenté sur Canal+ le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé. "Présomption d'innocence!", et "pas d'amalgame!", avait prévenu mercredi le patron de l'UMP, Jean-François Copé. La présidente du Front national Marine Le Pen s'est dite "à demi satisfaite", répétant qu'elle souhaitait également la démission de son mandat de maire. Pour François Bayrou (MoDem), les accusations d'agression sexuelle portées contre Georges Tron constituent "un choc de plus" pour les Français, après l'affaire DSK.
Un avis partagé par les politologues : Nicolas Sarkozy avait intérêt à se séparer rapidement d'un ministre mis en cause dans une affaire de moeurs. La démission permet de "calmer le jeu", estime ainsi Jérôme Fourquet (Ifop). "On est déjà en campagne électorale et le camp de la majorité ne peut pas se payer le luxe d'une affaire pareille qui vient brouiller son message", ajoute-t-il. "Nicolas Sarkozy a bien géré jusqu'à présent son image à l'occasion de l'affaire DSK. En pleine séquence de re-présidentialisation, l'affaire Tron fait très tache".