Des femmes manifestent à Paris pour protester contre le 'sexisme' généré par l'affaire DSK
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La grogne montait depuis plusieurs jours. Elle s'est accentuée ce week-end. Le tremblement de terre médiatique de cette semaine n'aura pas fait que des dégâts dans le clan de Dominique Strauss-Kahn. La classe politique française aura aussi été éclaboussée par le scandale. Les féministes tentent depuis quelques jours de ramener tout le monde à la raison. Malheureusement, il leur aura fallu hausser le ton.
"Ils se lâchent, les femmes trinquent", "Les soubrettes sont en colère", "Nous sommes toutes des femmes de chambre"... Ces slogans ont longuement été scandés par 3.000 personnes dimanche à Paris lors d'une manifestation. "Le problème n'est pas ce qui s'est passé à New York", a déclaré peu avant la présidente de "Osez le Féminisme", Caroline de Haas lors d'un point de presse, mais "le déferlement de sexisme" qui a suivi, et "cela n'est pas acceptable". Un climat sexiste a prévalu sur le Net, les réseaux sociaux, les médias, depuis le déclenchement de l'affaire, relève Olivia Cattan, présidente de Paroles de Femmes.
"Il y a eu un matraquage sur la thèse de complot" dont serait victime DSK "mais sur la plaignante, silence radio" s'agace Clémentine Autain, ex-adjointe au maire de Paris et qui a été elle-même victime d'un viol.
Deux personnalités politiques sont visées: l'ex-ministre socialiste Jack Lang qui a estimé qu'"il n'y a pas eu mort d'homme". Et le journaliste Jean-François Kahn, qui avait parlé de "troussage de domestique". Tous deux ont depuis fait amende honorable, mais le mal est fait...
François Bayrou s'est indigné dimanche à propos des "insinuations épouvantables" à l'égard de la jeune Guinéenne, victime présumée de Strauss-Kahn. "C'est dégueulasse", s'est même emporté le patron du MoDem.
Et même si d'autres élus ont apporté leur soutien aux féministes pour dénoncer "le sexisme décomplexé", les associations sont toujours en colère. Il leur faudra du temps pour digérer l'atmosphère parfois irrespirable de la semaine passée. Pas sûr que ce temps arrive si vite.
Michel Barisano (DioraNews)