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Affaire DSK: a-t-on manqué d'égards pour la victime présumée ?

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Mix-Cité y voit la difficile reconnaissance des violences sexuelles et même Mix-Cité y voit la difficile reconnaissance des violences sexuelles et même "une chape de plomb" concernant le viol. - © Photo AFP

"Quasiment à aucun moment on n'entend parler de la plaignante", s'étonne Caroline De Haas de l'association Osez le féminisme. "Dominique Strauss-Kahn est présumé innocent" mais "jeter le soupçon sur les propos de la plaignante est également grave", souligne l'association OLF. Et de faire allusion aux amis politiques de longue date de DSK ne pouvant imaginer un comportement agressif de sa part. Alors que le directeur du FMI traîne une réputation peu flatteuse.


Mix-Cité, engagée aussi dans la défense des femmes, regrette également que la victime soit trop rarement évoquée dans le torrent de réactions. Mix-Cité rappelle qu'en novembre dernier lors d'une campagne contre le viol intitulée "la honte doit changer de camp", un consensus politique existait pour s'indigner du nombre de viols commis chaque année en France (75 000) et du faible nombre de plaintes (1 victime sur 10). "Pourtant confrontés à la réalité du cas DSK, beaucoup de journalistes, d'hommes et de femmes politiques oublient ces déclarations de bonnes intentions, plaignant le directeur du FMI, les socialistes, la France : pas un mot pour la victime", relève l'association. Depuis dimanche, la majorité des réactions a plutôt exprimé stupeur, appel à la prudence et au respect de la dignité, dans l'attente de la vérification des faits.


Pourtant, des voix ont évoqué la plaignante. Cécile Duflot (Europe Ecologie-Les Verts) a demandé "justice pour la jeune femme" et "justice pour DSK qui bénéficie de la présomption d'innocence". Pour Clémentine Autain, ex-adjointe au maire de Paris elle-même victime d'un viol à l'âge de 22 ans, "la décence", demandée par tous, "c'est aussi d'avoir une pensée" pour la jeune femme. Invitée du Talk-Orange Le Figaro, la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a déploré aussi cet état de fait : "On parle peu de la victime présumée". Mardi, c'est finalement François Fillon qui a demandé, en plus de la présomption d'innocence, "le droit au respect et à la compassion" pour "la victime présumée", tandis que Martine Aubry appelait à attendre "la version" de DSK et à "respecter la jeune femme".


Cette jeune femme, personne ne l'a encore vue. Employée de l'hôtel Sofitel à New-York, elle est sous protection policière dans un lieu tenu secret. Certains médias croient savoir qu'elle s'appelle Nafissatou Diallo. Selon la copie du rapport de la police de New York diffusée lundi par le site Atlantico, elle serait "de race noire, âgée de 33 ans". Les premières rumeurs, reprises par France soir faisaient état d'une jeune femme "d'origine latino". Puis le Wall Street Journal a évoqué les origines guinéennes de la victime, Europe 1 parlant, elle, d'une mère de famille d'origine ghanéenne. Mère célibataire de deux enfants, toujours selon le Wall Street Journal, elle réside dans un petit appartement du Bronx depuis l'hiver dernier. Installée depuis 13 ans aux Etats-Unis, elle menait jusqu'à samedi dernier une vie sans histoire.

Antoine Laquet (DioraNews)
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