L'inflation risque de plomber la consommation au deuxième trimestre
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"Une très bonne nouvelle pour l'économie française". C'est ainsi que la ministre de l'Economie Christine Lagarde qualifie l'embellie surprise au premier trimestre 2011. La croissance du PIB atteint 1% sur cette période, soit un niveau record depuis le deuxième trimestre 2006, précise l'Insee. Pour Bercy, "tous les clignotants sont au vert". 58.800 emplois ont ainsi été créés durant les trois premiers mois de l'année.
Quels sont les moteurs de cette embellie hexagonale ? La consommation tout d'abord, "un peu plus forte" qu'au dernier trimestre 2010 (+0,6% contre +0,4%), évalue l'Insee. L'investissement ensuite, à +1,1% après +0,5%. Les entreprises reconstituent en outre leurs stocks et contribuent pour 0,7 point à la croissance. Ce qui a "plus que compensé" le déficit du commerce extérieur (0,4% du PIB), faiblesse endémique de l'économie française, explique l'institut.
Par ailleurs, la production manufacturière s'accroît "très fortement", à +3,4%. Soit "la plus forte plus forte de ces trente dernières années". La production de biens et services progresse également (+1,6%).
L'Insee précise que, même si les trois prochains trimestres connaissaient une croissance nulle, celle-ci s'élèverait à 1,6% sur l'année, par un effet mécanique après l'embellie du début de l'année. Bruxelles relève d'ailleurs son estimation pour la France : de 1,7 à 1,8% (contre 1,5% pour l'Allemagne, bonne élève de l'Europe). La Commission européenne note que la croissance s'accélère dans toute la zone euro sur le début de l'année, à 0,8%.
Mais Christine Lagarde tempère : le deuxième trimestre pourrait être moins prospère. Elle maintient donc sa prévision de croissance à 2% pour l'année. Les analystes sont eux aussi prudents. Ils évoquent l'inflation, ainsi que la flambée des cours du pétrole et des matières premières, qui plombent le pouvoir d'achat. Quant aux entreprises, leur activité a atteint un pic au premier trimestre et pourrait se ralentir une fois le mouvement de reconstitution des stocks achevé. Côté demande extérieure, le ralentissement mondial et les plans de récession mis en place chez nos voisins risquent aussi de jouer négativement.
Julie Coste (DioraNews)